Vu, Lu, Vérifié | Un exode de 600 000 Québécois anglophones au fil des ans, est-ce possible?

La colère de nombreux anglophones face à la réforme du projet de loi 101 de la CAQ ce printemps a ramené la question de l’exode des anglophones dans l’actualité au fil des ans. Le chiffre de 600 000 entre 1971 et 2015 est en circulation. Possible ?

Posté à 9h00

Louise Leduc

Louise Leduc
La presse

Ce chiffre fait en fait référence à un rapport de l’Institut Fraser de 2016 selon lequel 600 000 Québécois ont quitté le Québec entre 1971 et 2015. Cependant, ce ne sont pas nécessairement des anglophones.

Alors, à combien s’élève exactement l’exode de cette communauté ? La Confrérie des historiens a été appelée pour aider à répondre à cette question beaucoup plus compliquée qu’il n’y paraît.

dans le La condition québécoise – Une histoire exotiqueDans un livre de 2020, l’historien Jocelyn Létourneau écrit qu’entre 1966 et 1986, environ 300 000 anglophones – la plupart de la région de Montréal – ont quitté le Québec.

Deux migrants sur trois disent partir à cause du choc des élections du Parti québécois en 1976 et de l’adoption de la loi 101 un an plus tard.

L’historien Jocelyn Létourneau dans son livre

« Sans contester la parole des personnes concernées, il faut reconnaître que Toronto a attiré simultanément des dizaines de milliers d’hommes et de femmes de partout au pays et dans le monde, attirés par l’extraordinaire croissance de la ville alors qu’elle se hisse sans égal au rang de métropole canadienne. »

Au téléphone il insiste et signe. Il souligne comment Toronto est un centre pour des personnes de tous horizons depuis les années 1950. “Les anglophones qui se sont installés là-bas l’ont fait principalement pour des raisons économiques – pour améliorer leur situation financière – mais dans certains cas, oui, pour des raisons culturelles. »

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Autres hypothèses

Dans “The Exodus of the Anglo-Quebec Community: The Need for Accountability” (Texte publié dans le livre Réponse aux détracteurs de la souveraineté du Québecdirigé par Alain-G Gagnon et François Rocher), Josée Legault et Gary Caldwell affirment que 131 500 anglophones ont quitté le Québec entre 1976 et 1981, comparativement à 94 000 en 1971-1976.

En 1983, le démographe Robert Maheu écrivait dans son article savant « L’émigration des anglophones québécois » entre En 1976 et 1981, « le taux de désabonnement des anglophones était de 17,5 % contre seulement 1 % pour les francophones. Au cours des périodes 1966 et 1971, 1971-1976 et 1976-1981, la propension des anglophones à quitter le Québec était respectivement supérieure de 13 %, 15 % et 17,5 % à celle des francophones.

L’examen des données historiques des recensements canadiens montre que la propension des anglophones à quitter le Québec a toujours été supérieure à celle des francophones.

Le démographe Robert Maheu, dans son article

« Une loi administrative, celle des allocations familiales, a permis de reconstituer les départs du Québec depuis 1974. Si le nombre d’anglophones et leur part de churn étaient effectivement supérieurs à la normale entre 1977 et 1979, alors dans les quatre années suivantes la situation est redevenue comparable à celle observée dans le passé, même si la loi 101 est toujours en vigueur ‘ a écrit Monsieur Maheu.

Comme le note Jonathan Livernois, professeur de littérature et docteur en histoire des idées, il devient de plus en plus difficile d’attribuer l’éloignement du Québec à une cause précise. « Les Néo-Québécois ont souvent tendance à entrer au Canada via le Québec, puis à s’installer à Toronto. »

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L’Institut de la statistique du Québec nous a référés à Statistique Canada, qui ne nous a plus recontactés.

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