Va-t-on vers une nouvelle vague de Covid-19 en France ?

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Les différents indicateurs de l’épidémie de coronavirus sont tous repartis à la hausse et semblent annoncer une nouvelle vague, la huitième. Pour l’instant, la réponse des autorités reste inchangée : c’est la vaccination des plus vulnérables qui limitera son impact.

Taux d’incidence en hausse et surtout taux de reproduction supérieur à 1 : le dynamisme de l’épidémie de Covid-19 en France s’accélère terrain. Assistons-nous au début d’une nouvelle vague ? Dans le discours général L’épidémie est derrière nous ». Joe Biden et même Dr. Tedros, le chef de l’OMS, a prononcé un discours plus tôt cette semaine. Pourtant, en France on approche à nouveau des 30 000 contaminations détectées par jour, les indicateurs hospitaliers repartent à la hausse et on recense encore une trentaine de décès quotidiens.

Le scénario semble donc se répéter vague après vague. Frédéric Adnet n’est pas inquiet, mais le chef des urgences de l’hôpital Avicenne de Bobigny reste prudent : ” Nous sommes tellement habitués aux ondes Covid que nous savons ce qui nous menace. Notre seule préoccupation est de savoir si nous avons la capacité d’amener un excédent de patients à l’hôpital. Nous avons déjà du mal à la faire venir à l’hôpital aujourd’hui car 30% de nos lits sont fermés. »

Aucune mesure préventive

Mais malgré les indicateurs retombés dans le rouge, aucune mesure de prévention n’est actuellement à l’ordre du jour. Par exemple, les enfants sont l’un des principaux moteurs de l’épidémie actuelle. Pourtant, Emmanuel Macron avait annoncé en avril dernier que des efforts particuliers seraient faits pour aérer les salles de classe afin d’empêcher la rentrée scolaire, mais rien n’a été fait.

Les gestes barrières, comme le port du masque dans la circulation, ne sont plus obligatoires, mais seulement recommandés. “ Dans ces endroits à très haute densité, comme les transports en commun, ils devraient être obligatoires », estime Frédéric Adnet. ” Certes, toutes ces mesures n’empêcheront pas la propagation du virus. Mais ils vont le ralentir. Il faut donc vraiment cibler les individus vulnérables qui causent toute la mortalité et la morbidité de ces vagues. »

Les vaccins de nouvelle génération

La Haute Autorité de Santé (HAS) vient de rendre un avis mettant à jour ses recommandations de vaccination en y incorporant de nouveaux produits bivalents. Destiné aux personnes de plus de 60 ans, aux personnes à risque de développer une forme sévère et à leur entourage ; Il s’agit d’une version mise à jour des vaccins développés par Pfizer et Moderna, ciblant à la fois la souche SARS-CoV-2 originale et les sous-lignées de la variante Omicron. La HAS recommande donc de les utiliser pour réaliser le second rappel de vaccination.

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Cependant, ils sont parfois critiqués car ils ne sont qu’une évolution des vaccins précédents et n’ont pas fait l’objet d’essais cliniques à grande échelle. Bien que nous n’ayons pas de données sur l’efficacité clinique de ces vaccins, nous en avons sur l’efficacité immunologique. » explique Jean-Daniel Lelièvre, chef de l’unité d’immunologie clinique et des maladies infectieuses à l’hôpital Henri Mondor de Créteil. ” Par rapport aux nouveaux variants, cette efficacité semble supérieure aux vaccins monovalents. En définitive, ce sont ces vaccins qu’il faut utiliser pour remplacer les vaccins les plus anciens. Mais pour les personnes qui n’ont pas encore bénéficié d’un deuxième rappel et qui sont loin de leur dernière dose, il est important de ne pas attendre ces nouveaux vaccins. Il est nécessaire de créer un rappel avec ceux actuellement disponibles. »

La stratégie choisie en France est donc identique à celle des dernières vagues. Les autorités comptent sur les Français pour se charger d’édicter les gestes barrières et veulent protéger les personnes vulnérables avec des vaccinations et des rappels actualisés. Il s’agit donc d’éviter la surcharge hospitalière sans nécessairement maîtriser le taux d’infection. En effet, les vaccins sont moyennement efficaces pour prévenir les contaminations, mais restent très efficaces pour prévenir les formes sévères.

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