Taux de décrochage : le portrait du ministère de l’Éducation est-il fiable ?

Chaque année, le ministère de l’Éducation du Québec (MEQ) publie un document intitulé Taux d’abandon sans diplôme ni qualification. C’est le pourcentage d’élèves du secondaire qui ont quitté l’école sans diplôme, c’est-à-dire ceux qui … Cochez.

C’est l’un des principaux documents utilisés par les acteurs scolaires, les médias et les politiciens pour rendre compte le progrès ou une revers dans l’arrêt de jeunesse.

Maintenant ça conseil officiel Les élèves qui ont effectivement abandonné l’école ne sont pas distingués de ceux qui ont terminé leurs études dans un autre État fédéral ou dans leur pays d’origine. Tous sont considérés diplômés sans diplôme.

Le MEQ lui-même émet des réserves sur ses propres statistiques dans le document gouvernemental.

Basée à Drummondville, La Rue’L accompagne les jeunes de 18 à 35 ans dans leur retour au secondaire. (Archive).

Photo : Radio Canada / Ivanoh Demers

Résultats : Le décrochage scolaire semble affecter de manière disproportionnée les écoles fréquentées par un grand nombre d’immigrants, comme le Centre de services scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSSMB) à Montréal.

Alors que la moyenne provinciale de l’édition 2022, qui couvre l’année scolaire 2019-2020, montre une légère baisse du taux de décrochage au Québec, qui passe de 14,2 % à 13,5 %, le CSSMB, quant à lui, affiche une piètre performance avec une augmentation de 16,1 % soit 458 étudiants.

Pourtant, le CSSMB accueille chaque année des centaines d’élèves immigrants. En 2015, par exemple, environ 500 jeunes Syriens ont visité leurs écoles. De nombreuses familles ont émigré en Ontario […]ça fausse les donnéesregrette le directeur du CSSMB, Dominic Bertrand.

Frustrés de ne pas avoir une image juste de la situation, le réalisateur et son équipe ont décidé il y a cinq ans de mettre en place leur propre système de calcul afin d’avoir de meilleurs indicateurs de réussite et ainsi choisir entre les vrais. décrocheurs Les étudiants qui ont émigré dans une autre province ou un autre pays.

Selon le CSSMB, 458 étudiants ont été considérés diplômés sans diplôme Selon le MEQ, 332 ont quitté la province pour un total réajusté de 126 reals décrocheursc’est-à-dire moins de 5 %.

On a ces chiffres parce qu’on a mis en place notre bureau des statistiques et de la reddition de comptes, mais ce n’est pas pareil dans tous les centres de services scolairesfait valoir M. Bertrand.

Autre problème évoqué : le tableau officiel des diplômés sans diplôme Cela inclut les adolescents qui ont abandonné l’école en raison de problèmes de santé ou, pire, ceux qui sont décédés.

Jusqu’à ce que nous isolions ces variables, mais plus précisément la variable d’immigration, qui est le taux de décrochage sans diplôme, ce sera un pourcentage qui n’est vraiment pas valideconclut Dominic Bertrand.

Située dans les locaux de l’association La Piaule, La Rue’L propose aux jeunes de 18 à 35 ans un programme alternatif pour reprendre leurs études secondaires. (Archive)

Photo : Radio Canada / Ivanoh Demers

Données inexistant et incompletdénonce AMDES

Le Centre de services scolaire Marguerite Bourgeoys n’est pas le seul à dénoncer cette situation.

L’Association des directeurs d’école de Montréal (AMDES), qui compte parmi ses membres la CSSMB, le Centre de services scolaire de la Pointe-de-l’Île (CSSPI) et le Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM), en est également convaincue. Le ministère doit revoir la façon dont il recueille les données.

L’organisme ajoute du même souffle que le taux de décrochage n’est pas le seul aspect problématique.

Dans plusieurs dossiers, nous avons constaté que le ministère de l’Éducation ne disposait pas de données suffisantes et fiablesconfirme Kathleen Legault, présidente de l’AMDES.

Le président cite en exemple le rapport du Protecteur du citoyen intitulé L’élève d’abordpubliée la semaine dernière, qui déplore le manque de données sur les pénuries de personnel dans les services éducatifs pour élèves en difficulté (éducation adaptée, psychoéducation, orthophonie, éducation spécialisée, psychologie).

Quels sont les éléments sur lesquels reposent les décisions d’un département aussi important si les données pour justifier les décisions, les priorités, sont manquantes ou incomplètes ? demande Kathleen Legault.

Le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge visite une école du Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM) (Archives)

Photo : Radio Canada / Ivanoh Demers

Le MEQ dit qu’il ne peut rien faire

Le ministère de l’Éducation prétend être techniquement incapable et juridique à modifier leur collecte de données et ainsi adapter en conséquence leur portrait des décrocheurs.

Le MEQ n’a pas […] aucune information fiable lui permettant de distinguer les départs pour “sortie” de ceux dus à d’autres causes (émigration, déménagement dans une autre province, morbidité, décès, etc.).dit Bryan St-Louis, directeur des relations publiques.

Le ministère explique que les administrations scolaires ne sont pas obligées de les déclarerraison d’y aller Écoles. C’est pourquoi nous écrivons les informations […] n’est pas suffisamment exhaustif et validé pour être utilisé à bon escient.

Un succès à déguster avec prudence

La psychologue et spécialiste de la réussite scolaire Égide Royer suppose également que l’amélioration apparente du taux de décrochage de 14,2 % à 13,5 % a été constatée dans l’édition 2022, en se basant sur l’année scolaire 2019-2020.

Compte tenu du contexte COVID, les enseignants ont évalué ce qu’ils avaient enseigné. Il n’y a pas eu de tests ou très peu de tests ministériels, cela a donc pu affecter le taux de réussiteexplique la professeure agrégée à la Faculté d’éducation de l’Université Laval.

Égide Royer, professeur agrégé à la Faculté d’éducation de l’Université Laval, est psychologue et spécialiste de la réussite scolaire. (Archive)

Photo : Radio Canada

Le ministère convient que cette tendance pourrait être partiellement due sur la pandémie de COVID-19.

L’annulation des examens standardisés pour les niveaux 4 et 5 du secondaire en juin 2020 aurait pu permettre à certains jeunes d’obtenir un diplôme et donc un examen final [avoir] impliqué dans la baisse du taux de décrochage sans diplômeécrit Bryan St-Louis.

Le cabinet du ministre de l’Éducation Jean-François Roberge a refusé de commenter le dossier.

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