“Tanguy” accusé de parricide a été acquitté par le jury

Après deux heures de délibéré, le tribunal a déclaré Patrick Wittier non coupable. Le témoignage de la mère de l’accusé n’a pas convaincu le jury de sa culpabilité.

Ce “boîte froideun reste. Vingt ans après la mystérieuse disparition de son père à la retraite, les assises du Val-d’Oise ont acquitté jeudi son fils de 59 ans des charges de patricide.TanguyChômeur vivant toujours chez ses parents.

Après un vif délibéré de près de deux heures, le tribunal, présidé par le juge Marc Trévidic, a déclaré Patrick Wittier non coupable, qui a contesté les faits. Le jury a estimé que “différences notables” dans le témoignage crucial de sa mère non centenaire, parfois “inexact ou contradictoire“réellement posé”un risque important de condamnation d’une personne innocente“.

Le 19 septembre 2002, la famille de Jean Wittier signale sa disparition au commissariat d’Argenteuil, affirmant que le retraité de 73 ans était parti la veille à vélo et n’était jamais revenu dans le modeste pavillon familial. Des éléments matériels manquent dans cette affaire, en raison d’une enquête qui traîne dans les placards de la police depuis des années, tout le dossier reposait sur les révélations de la mère âgée, que les enquêteurs ont extraites à la pince en 2016 après quatorze ans de silence.

Dans son raisonnement, le jury a également estimé que l’inaction des forces de l’ordre et l’absence de recherches au moment du signalement de la disparition de Jean Wittier ne permettaient pas d’écarter catégoriquement d’autres indices, comme un accident de la circulation. Les procureurs avaient requis une peine de 30 ans de prison. “En cas de doute, nous devons être intellectuellement honnêtes et acquittés. C’est un dossier dans lequel on n’a que le témoignage d’une seule personne», a salué à l’AFP Me Ariane Lachenaud, l’avocate de Patrick Wittier, après le verdict.

Selon la mère, son fils cadet a frappé le retraité de 73 ans avec un marteau après une dispute entre ses parents, le tuant en le noyant dans un seau d’eau avant de lui démembrer le corps avec une scie. Les morceaux ont ensuite été évacués avec les ordures pendant plusieurs semaines, selon sa version.

“Geek”, pas “Psychopathe”

Des allégations dévastatrices que l’arrière-grand-mère querelleuse, recroquevillée dans son fauteuil roulant, a violemment répétées mercredi pendant trois heures à la barre. “C’est un monstre de nous avoir fait ça, et surtout à son père qui l’a soutenu. Il n’a jamais travaillé” gronda-t-elle avec un air renfrogné. Elle a exprimé peu de regrets sur la disparition de son mari, reconnaissant seulement que l’ex-électricien d’EDF “ne méritait pas de mourir comme ça“. Pendant quatre jours, les assises entr’ouvraient une lucarne sur la porte close étouffante de la “dysfonctionnel» La famille Witier.

Le patriarche cupide et tyrannique Jean Wittier ne supportait plus de voir son fils bientôt quadragénaire au chômage pendant des années. Sans amis, çaOutsider» passait ses journées dans l’obscurité de sa chambre aux volets fermés, tapant sur son ordinateur. Irrité par l’oisiveté de ceux-ci”parasite‘, ses parents avaient même mis des cadenas sur les placards et le frigo pour l’empêcher de manger et l’obliger à quitter la maison.

Sa mère le caressait, le protégeait et le nourrissait en secret. Mais le soir des faits, selon sa mère, le père avait menacé sa femme : “s’entraîner“. Or “s’il y a bien une phobie de Patrick Wittier, c’est de se retrouver seul, c’est de ne plus avoir de toit‘ Le procureur général Luc Pelerin a cinglé dans son acte d’accusation. En raison de la personnalité distante de l’accusé, un homme grand et mince qui paraissait libre, le procès prenait parfois des accents surréalistes. Il est apparu au public comme un misanthrope solitaire et intellectuel qui se croyait supérieur en intelligence aux autres, se défendant maladroitement et harcelant des détails superflus.

reconnaissance d’un profilatypique“Cependant, il s’est défendu contre un”psychopatheet dit “tomber des nuagesà la lumière des allégations de sa mère. “Je ne sais pas ce qui est arrivé à mon père…‘ a-t-il soutenu à la barre, faisant à peine des progrès dans les explications. Le procureur a dix jours pour faire appel.

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