Sécheresse : Paris et sa petite couronne entrent en “vigilance”

La France jaunie vue du ciel. La sécheresse dessèche les terres, épuise les fleuves, mais Paris, les Hauts-de-Seine et la Seine-Saint-Denis échappent jusqu’à présent aux seuils d’alerte qui, selon l’ampleur, peuvent inclure des restrictions d’usage de l’eau. Dans le Val-de-Marne, seules quelques communes sont concernées par le “seuil de crise” le plus élevé.

L’exception ne durera pas : ce lundi, le Direction Régionale et Interdépartementale de l’Environnement, de l’Aménagement et des Transports (DRIEAT) proposera aux préfets de ces quatre départements de signer le déclenchement du “seuil de vigilance” dans tous les domaines. Elle serait alors appliquée très rapidement.

“Dès que l’un des deux cours d’eau (Seine, Marne) passe en dessous de certains débits, on se concerte entre services pour voir s’il convient de passer au seuil de vigilance”, explique Isabelle Kamil, cheffe de service politique et police. Eau à DRIEAT. Il y a quelques jours, la Seine est passée sous ce seuil, qui est de 81 m³ par seconde en gare de Paris Austerlitz.

Dans le Val-de-Marne, les communes actuellement en “crise” le resteront, malgré l’arrêté de vigilance qui sera prochainement en vigueur dans le département. Car le Réveillon, petite rivière, est très vulnérable à la sécheresse. “Le seuil de crise s’est déclenché directement le 21 juillet, ça a été très rapide”.

“On regarde aussi la météo pour ne pas proposer aux préfets quelque chose qui pourrait très vite se démoder”, poursuit Isabelle Kamil. Nous avons vu la tendance au temps chaud et sec se poursuivre à Paris, nous allons donc proposer aux préfets de déclencher le seuil de vigilance.

“Nous ne sommes pas dans une époque d’opulence”

La DRIEAT applique la règle à la lettre : ” Franchissement d’un seuil à au moins une des trois gares de la zone 1 – Paris Austerlitz et Alfortville (Val-de-Marne) sur la Seine, et Gournay (Seine-Saint-Denis) sur la La Marne – sans que la tendance à la baisse s’inverse à court terme, fait l’objet d’un arrêté préfectoral dans chacun des quatre départements concernés”, précise l’arrêté interpréfectoral.

Il n’y a pas de restrictions pour le moment. Uniquement “des campagnes de sensibilisation et de communication à destination des professionnels et du grand public”, rappelle le décret. Afin de réduire le risque de pollution, “un appel à la vigilance est lancé aux sites les plus importants où se produisent des rejets polluants” et la surveillance des rejets sera renforcée.

“C’est toujours bien de faire prendre conscience aux utilisateurs et aux communautés qu’on n’est pas dans une ère d’opulence”, appuie Isabelle Kamil. L’été peut durer longtemps. Nous avons déjà dû fournir un soutien en cas d’étiage (eau de retour stockée dans des réservoirs) grandes rivières d’ici la fin octobre. »

Sur les 93 départements actuellement concernés par une restriction au-dessus de la vigilance, neuf sont en alerte, 38 sont en alerte renforcée et 46 sont en crise. Plus le seuil est élevé, plus l’utilisation de l’eau est restreinte. La DRIEAT recommande de restreindre les usages annexes tels que le nettoyage des voitures et l’arrosage des espaces verts.

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