Sécheresse en Loire Atlantique. « Du maïs ensilé en juillet, on n’a jamais vu ça »

Jérémy Foucher, éleveur en Loireauxance.
Jérémy Foucher, éleveur en Loireauxance. (©LG)

“Je travaille ici depuis 2004 et c’est la première fois que je vis une situation comme celle-ci. Le maïs se dessèche complètement », souffle Jérémy Foucher du Gaec des Bambous en Loireauxence. Installé avec trois associés, l’agriculteur élève des vaches laitières, des mères et des volailles labellisées sur 315 hectares. Cette année, l’éleveur a semé 67 ha de maïs, principalement pour nourrir ses vaches laitières et ses génisses. Problème, le maïs ne poussera pas pendant la sécheresse.

Mauvaise quantité et qualité

Cette année les pieds mesurent en moyenne 1,50 m de haut. Ils mesurent généralement un mètre de plus. « Il y a deux semaines, j’ai déjà dû ensiler 23 hectares de maïs. Un mois de juillet ensilé, on n’a jamais vu ça ! Mais il a brûlé sur place. La quantité et la qualité de la récolte laissent beaucoup à désirer.

« Le maïs que nous avons ensilé n’avait pas de tête, donc pas d’amidon. Nous n’avons obtenu que 26 ou 27 % de matière sèche, ce qui n’est pas très bon. Nous avons récolté 5 tonnes de maïs sur 23 hectares, contre 13 tonnes l’an dernier », regrette Jérémy Foucher.

Les champs restants seraient plus productifs et qualitatifs, mais « rien de bien non plus ».

En moyenne, le maïs de Jérémy Foucher mesure à peine 1,50 m.
En moyenne, le maïs de Jérémy Foucher mesure à peine 1,50 m.

Pourtant, l’année avait bien commencé pour le Gäk avec une bonne récolte de céréales.

« Nous pensions récupérer un peu d’argent, mais nous finissons par ne pas pouvoir vendre autant de céréales que nous le voulions parce que nous allons mettre plus dans les rations de nos vaches pour compenser le maïs. »

Ainsi, au lieu de donner 1,5 kg d’orge à ses laitières, le producteur doit leur distribuer 3,5 kg d’orge. « Nous devons tenir entre 50 et 100 tonnes. Sachant qu’une tonne coûte 300 €. »

Stocks d’hiver ouverts

Le Gaec dispose également de 100 ha de prairies. Cependant, ceux-ci ne sont pas plus productifs la chaleur et le manque d’eau ne permettaient pas à l’herbe de pousser.

« Cette année, nous n’avons produit que 3 ou 4 tonnes de matière sèche, l’année dernière, nous en avons produit sept. Nous avons dû acheter du foin et des enveloppements. »

Jérémy Foucher et son équipe ont déjà dû ouvrir leurs camps d’hiver pour nourrir leurs animaux. « Le problème, c’est qu’une partie de la prairie risque de mourir. Il faudra beaucoup d’eau pour avoir de l’herbe à l’automne. Heureusement, nous avions cinq ou six mois d’approvisionnement cette année. Le producteur prévoit de semer plus de maïs l’année prochaine. “J’espère que nous aurons une meilleure année. Mais nous sommes un peu inquiets pour l’avenir et nous nous demandons parfois avec quoi nous allons nourrir les animaux demain », raconte l’agriculteur.

Vidéos : actuellement sur Actu

Selon Mickaël Trichet, président de la FDSEA Loire-Atlantique, le cas de Jérémy Foucher est loin d’être isolé dans le département. La semaine dernière, il a ensilé son maïs lui-même. Il voit dans l’assouplissement de la législation sur le stockage de l’eau une des solutions pour lutter contre les effets de la sécheresse sur les cultures. « On nous dit de changer nos systèmes et d’arrêter de cultiver du maïs, mais ce que les gens oublient, c’est que toutes les cultures ont besoin d’eau. Construire des réserves pourrait être une solution, mais elles doivent être construites dans des endroits sensibles, ce que la loi ne nous permet plus de faire aujourd’hui. »

Cet article vous a-t-il été utile ? A noter que vous pouvez suivre L’Écho d’Ancenis dans la rubrique “Mes Messages”. En un clic après l’inscription, vous pouvez trouver toutes les dernières nouvelles de vos villes et marques préférées.

Leave a Comment