Remaniement, pouvoir d’achat… Macron de retour à l’Élysée, voici son programme

POLITIQUE – Après qu’Emmanuel Macron a fait tomber sa veste lors de son déplacement à Lisbonne, il est grand temps pour Emmanuel Macron de se retrousser les manches à Paris. A partir du vendredi 1er juillet, le président de la République se consacrera à la politique nationale et le programme est chargé.

Deux questions sont susceptibles de se poser dans les discussions. Tout d’abord, le remaniement qui – “en toute cohérence” comme l’indique Olivia Grégoire ce vendredi 1er juillet sur LCI – devrait intervenir avant la déclaration de politique générale d’Élisabeth Borne le 6 juillet. Puis la question ô combien épineuse de la majorité à l’Assemblée nationale.

Le chef de l’Etat recevra donc ce vendredi sa Première ministre Élisabeth Borne, qui tout au long de la semaine a “consulté” les chefs des partis et groupements à l’assemblée “sur la composition d’un nouveau gouvernement d’action” et une “feuille de route ”. A ce stade, rien n’a filtré sur le forum de discussion.

“Il me semble presque normal que le Premier ministre réserve ses conclusions au président de la République après cet échange”, a déclaré Olivia Grégoire.

Quatre ministres pour remplacer (au moins ?)

La porte-parole du gouvernement n’a pas donné de date précise pour le prochain remaniement. La seule certitude est qu’au moins quatre substituts peuvent être trouvés. Pour les trois ministres Justine Bénin de la Mer, Brigitte Bourguignon de la Santé et Amélie de Montchalin de la Transition écologique, battues aux législatives – ainsi que pour le ministère de l’Outre-mer, que Yaël Braun-Pivet a quitté pour le pôle.

“Les téléphones chauffent, Macron va personnellement mettre sa patte sur le casting”, confie un consultant Parisien. Plusieurs noms circulent pour remplacer le sortant, notamment au ministère de la Santé. Les LR Philippe Juvin, député des Hauts-de-Seine, le président de région Jean Rottner et le maire de Reims Arnaud Robinet ont tous le double avantage d’être médecins et de faire partie des Républicains, groupe potentiellement clé pour reconquérir des voix à l’Assemblée.

Le nom de Catherine Vautrin, un temps évoqué pour Matignon, réapparaît également, d’autant que le président de la Communauté urbaine du Grand Reims prône ouvertement un pacte de coalition LR/Renaissance. Tout comme Christelle Morançais, présidente de la région Pays de la Loire.

Ensuite, il y a la question – épineuse – de Damien Abad. Le ministre des Solidarités fait désormais l’objet d’une enquête pour tentative de viol – des faits qu’il nie. Sa présence est gênante au sein de la majorité, certains appelant les ministres à “prendre leurs responsabilités” en démissionnant. Ce qu’il semble, selon ses déclarations à BFMTV, ne pas vouloir faire : il a porté plainte pour dénonciation calomnieuse et insiste sur le fait que “sa résolution est absolue”. Le cas de Chrysoula Zacharopoulou, visée par une enquête pour viol en lien avec son travail de gynécologue, pourrait également être à l’ordre du jour.

Procéder au montage

L’attente du remaniement et, plus largement, du début du second quinquennat devient de plus en plus agaçante. « La question est : quel gouvernement ? Nous ne savons pas vraiment. Emmanuel Macron a bien sûr été réélu, mais ça fait finalement trois mois qu’on attend”, a déclaré ce vendredi le patron d’EELV Julien Bayou. Des tensions se font aussi sentir au sein de la majorité : « La semaine prochaine, tout ça [l’affaire Abad] soutenez-nous », confie un chef de la majorité opinion ce vendredi. « Nous avons besoin d’un gouvernement militant et d’une feuille de route. À ce stade, nous ne savons pas si le gouvernement sera formé, nous ne savons pas s’il y aura un vote de confiance, nous ne savons pas quelle sera la ligne.

Le palais Bourbon sera également au centre de l’actualité politique la semaine prochaine. Elisabeth Borne y fera sa déclaration politique le mercredi 6 juillet. La question d’un vote de confiance n’est “pas tranchée” à ce stade, assure Matignon, alors que la majorité des cadres répètent (pour préparer les têtes ?) que si ce vote n’avait pas lieu, ce ne serait pas une première parmi les cinquièmes république.

Mais le gouvernement insiste sur le fait que la priorité n’est pas tant la situation du gouvernement ou du Premier ministre – à qui Emmanuel Macron a “renouvelé sa confiance” – mais celle des Français. D’où le texte sur le pouvoir d’achat promis pour cet été. S’exprimant sur LCI ce vendredi, Olivia Grégoire a confirmé que ce projet de loi est “la priorité” de l’exécutif. “Nous avons un objectif très clair : qu’il arrive sonnant et trébuchant dans les portefeuilles des Français en août”, assure-t-elle. Le texte sera donc présenté à l’Assemblée nationale le 18 juillet.

Avant cela, à partir du 11 juillet, les députés, qui se réuniront en session extraordinaire, devront travailler sur la loi sanitaire qui permettra le maintien de “mesures de freinage” face au Covid. Également à l’ordre du jour le 12 juillet au Sénat et le 13 juillet à l’Assemblée, une déclaration gouvernementale suivie d’un débat sur la présidence française du Conseil de l’UE.

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