Raquel Garrido et Alexis Corbière démentent l’exploitation d’une femme de ménage, Le Point rétracte son article

Une petite bombe. Il est 14h49 ce mercredi lorsque le site du Point publie un article barré du mot “exclusif” accusant les députés La France Insoumise Raquel Garrido et Alexis Corbière d’exploiter “infernalement” les cadences d’une femme de ménage sans papiers”. L’information repose sur un contrôle de police qui aurait eu lieu à Paris en mai, au cours duquel le salarié – un Algérien de 36 ans entré en France avec un visa étudiant en 2008 – n’a pu produire aucun document pour l’exécution.

Elle leur a alors dit de travailler “jour et nuit” pour les deux députés à leur domicile de Bagnolet (Seine-Saint-Denis) et “également dans des refuges parisiens, où leurs enfants sont gardés pour être scolarisés dans la capitale”. Selon l’article, le couple aurait promis à la jeune femme des papiers si Jean-Luc Mélenchon gagnait la présidentielle ou Nupes gagnait les législatives. Selon la journaliste, Raquel Garrido, qui a été élue pour la première fois à l’Assemblée nationale dimanche 19 juin, a abusé de ses employés.

“Je te dis de rester, tu restes si ça ne te convient pas, dans ton cas il y en a beaucoup qui veulent travailler mais tu peux oublier tes papiers”, a-t-elle écrit dans un SMS. Dans un autre échange, la nounou demanderait le paiement (sans que le SMS indique s’il s’agissait d’une avance ou non) et Raquel Garrido lui répondait : « Monsieur vous donne 150 € pour la semaine, nous vérifierons le séjour. »

Réponse du tribunal à venir

Dans l’après-midi, la parution du magazine d’extrême droite a provoqué un déferlement sur les réseaux sociaux. Critiqué par de nombreux internautes, le couple était encore ce matin sur Twitter en utilisant divers hashtags, dont #Thénardier, en clin d’œil aux animateurs du livre de Victor Hugo Les Misérables qui exploitent la célèbre petite Cosette.

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Moins de deux heures après la publication de l’article, les deux élus ont publié un communiqué démentant formellement les allégations du magazine et disant avoir demandé à leur avocat “d’agir en justice pour répondre à cette attaque”.

Depuis, plus tôt ce jeudi après-midi, Le Point a présenté au couple ses “excuses superficielles et sincères” et annoncé avoir retiré l’article et “continué l’enquête pour comprendre ce qui s’est passé”. “Les vérifications complémentaires que nous avons effectuées nous ont montré que des erreurs et des manquements à la prudence étaient commis”, explique Etienne Gernelle, le directeur de l’hebdomadaire.

Sur Twitter, Raquel Garrido a assuré avoir “pris connaissance” du communiqué du réalisateur. “J’exige la libération immédiate d’Aziz Zemmouri. Je ne m’arrêterai pas ici. Je ne lui pardonne pas de s’en prendre à nos enfants. Ma famille a trop souffert. Les dégâts causés sont indélébiles. Merci aux citoyens et aux journalistes qui ont aidé à démanteler la calomnie”, a-t-elle écrit.

Pour le président de la France Insoumise Jean-Luc Mélenchon, “les détracteurs” du couple “feraient bien de s’interroger sur la pente qu’ils ont prise et les raisons pour lesquelles ils font appel à de tels lanceurs d’alerte”, a-t-il légendé le journal Le Point attentif.

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Auparavant, plusieurs internautes avaient pris leur défense, exprimant notamment des doutes sur les captures d’écran des messages attribués à Raquel Garrido et publiés sur les réseaux sociaux en fin de journée par l’auteur de l’article Aziz Zemouri.

Selon plusieurs sources locales, la dernière fille du couple – les deux aînées sont beaucoup plus âgées – suit une bonne éducation dans une école primaire de Bagnolet, une commune où Raquel Garrido est également conseillère municipale de l’opposition.

Lors d’un entretien pendant la campagne pour les élections locales de 2020, elle nous avait déjà dit que ses enfants seraient élevés en Seine-Saint-Denis et déplorait les carences de l’Etat en matière d’éducation dans le département. Alors que de nombreuses familles mécontentes se tournent vers l’enseignement privé, Raquel Garrido avait écarté cette option, soulignant que si elle plaçait ses enfants dans le privé, tout le monde craquerait pour elle.

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