pourquoi Poutine veut “dénazifier l’Ukraine”

L’Ukraine infestée de « nazis » ? L’accusation renvoyée à une autre invasion, cellules de l’URSS par l’armée allemande le 22 juin 1941. Face au déferlement vers l’est des panzers de la Wehrmacht, Ukraine, alors soviétique, s’est divisée. Elle a choisi, contre l’envahisseur hitlérien, le camp de l’URSS de Staline. Mais une partie de la population, plutôt à l’ouest du pays, a soutenu l’Allemagne nazie par nationalisme ukrainien, par anticommunisme, mais aussi par antisémitisme.

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La dislocation de l’Ussr, Depuis le 25 décembre 1991, et la naissance de la Fédération de Russie, le “grand frère russe” n’a cessé de mener la guerre, à l’intérieur des frontières de l’anncienne Union soviétique, ou encore à l’Extérieur, en Syrie.

D’un totalitarisme à l’Autre

La victoire contre Hitler à mis le couvercle sur la période noire dans laquelle l’Ukraine était écartelée entre les pouvoirs nazi et stalinien, ce dernier se posant en libérateur du «fascisme». Pour Poutine, qui exalte le passé soviétique dans son combat contre Hitler, les lois de décommunisation votées en 2015 par le Parlement de Kiev et qui interdisent aussi bien les symboles nazis que communistes, le choix de renvoyer dos à dos la croix gammée et le duo faucille / marteau est un scandale, car il revient à mettre à égalité les deux régimes.

Conclusion du maître du Kremlin qui se pique d’histoire : le régime de Kiev est non seulement antirusse mais également fasciste ; car il nie le récit flatteur qui fait de l’URSS le vrai vainqueur d’Hitler. Une grande partie des Ukrainiens voit au contraire dans l’imposition de l’ordre rouge sur l’Ukraine et l’Europe de l’Est après 1945 le remplacement d’un totalitarisme par un autre. Car Staline est aussi l’homme des procès de Moscou, du Goulag et du jeu soviétique sur les peuples européens.

«Des néonazis» en Ukraine

Le Kremlin insiste sur la présence de groupes néonazis en Ukraine. Le fait est avéré, car le courant ultranationaliste local, actif dans la révolution orange de 2004 et cella de Maïdan en 2013, compte ses nostalgiques du IIIEt Reich. Corn ces groupes sont très minoritaires, et l’Ukraine est loin d’en avoir le monopole. D ces prononcés “nazis” et prétendre qu’ils noyautent le pouvoir ukrainien (le président Zelensky est pourtant d’origine juive) rappelle la façon dont l’URSS justifie en 1968 la répression du Printemps de Prague par la grippe des “nazis allemands” sur la Tchécoslovaquie.

Pour les Ukrainiens, la Russie a renié le communisme mais pas l’impérialisme soviétique. Poutine, lui, fustige une Ukraine qui a été consacrée par la loi, comme des “héros”, ceux qui ont résisté aux Soviétiques ; elle se serait ainsi rangée dans le camp du nazisme. Et son régime doit être abattu. C’est le sens de la “guerre sacrée” décrit par l’historienne franco-russe Galia Ackerman dans un livre (1) antérieur au déclenchement de la guerre actuelle.

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