Pourquoi l’Hérault et le Gard n’ont pas d’alerte rouge “canicule” : nous raconte Météo France

Ce vendredi 17 juin a été le plus chaud dans le Gard, l’Hérault et l’Aude. Mais ils ne font pas partie des 14 départements qui ont été placés en vigilance rouge “canicule”. Pour comprendre pourquoi, nous avons posé cette question à Florence Vayssse, Déléguée Régionale de Météo France.

Le vendredi 17 juin a été le plus chaud du Languedoc. 41,8°C à Villevieille dans le Gard, 41,4°C à Prades-le-Lez
et 41,5 °C à Soumont dans l’Hérault, 41,5 °C à Saint-Jean-de-Minervois dans l’Aude ou 40,5 °C à Saint-Jean-du-Gard dans le Gard
. Or, on ne retrouve aucun de ces départements dans la liste de ceux mis en alerte “canicule” par Météo France. Aude était à peine classée Orange Vigilance. Vu de la région, on n’y comprend rien. Mais comment fonctionne le système d’alerte de Météo France ?

En bref : quels critères pour Météo France ?

Pour définir sa carte de vigilance “Canicuel”, Météo France s’appuie sur :

  • La T° maximale
  • températures minimales
  • Les températures moyennes sur trois jours
  • La durée de la canicule
  • Le seuil de tolérance à la chaleur des populations

“Si on regarde les températures maximales enregistrées pendant la journée, c’était en fait la plus chaude de notre région. Mais la vigilance ne se base pas uniquement sur ce critère, loin de là », explique la météorologue Florence Vaysse, déléguée régionale de Météo France.

En effet, le service officiel de la météorologie et de la climatologie en France se base sur une série de données. La température maximale en fait partie, tout comme la température minimale la température moyenne sur trois jours. “Sur ce dernier point, le pire coup de chaleur n’aura frappé le Languedoc que depuis deux jours puisque le mercure redescendra ce samedi. On va perdre jusqu’à 7°C localement”, explique Florence Vaysse.

Les habitants des régions du sud souffrent moins de la chaleur que ceux du nord

Mais c’est un autre critère qui explique pourquoi une grande partie de la région n’était éligible qu’à la vigilance jaune. Notre capacité à résister à la chaleur. Pour le calculer, Météo France s’appuie notamment sur les travaux très poussés menés par l’Institut de veille sanitaire. Le résultat est un «seuil d’acceptation sanitaire», dont le principal indicateur est basé sur le nombre d’hospitalisations liées à la chaleur.

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« Les habitants des régions du sud souffrent moins de la chaleur que ceux du nord. Cela s’explique par nos maisons, mieux isolées, équipées de volets, de climatisation… Mais nous avons aussi une culture de la chaleur. On a appris à vivre avec, ce n’est pas le cas dans les régions plus septentrionales », explique le météorologue. Et la différence est impressionnante. Selon l’outil d’analyse des risques de Météo France, la tolérance sanitaire à la chaleur d’un habitant de la région parisienne ou La Bretagne est inférieure d’environ 5°C à la tolérance d’un habitant du Gard ou de l’Hérault !

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