pourquoi les programmes de logements sociaux poussent-ils de partout ?

POURVec plus de 200 logements sociaux bâtis dans les années à venir, Châteaubernard symbolise l’accélération de la production d’habitations à loyer modéré à Grand Cognac. Dans d’autres communes de l’agglomération, les projets de construction et de réhabilitation se multiplent (voir infographie). Explications.

1- La loi SRU, l’épée de Damoclès

Trois des quatre grandes communes de la collectivité ne respectent pas la loi SRU (solidarité et renouvellement urbain), qui obligent les communes de plus de 3 500 habitants …

POURVec plus de 200 logements sociaux bâtis dans les années à venir, Châteaubernard symbolise l’accélération de la production d’habitations à loyer modéré à Grand Cognac. Dans d’autres communes de l’agglomération, les projets de construction et de réhabilitation se multiplent (voir infographie). Explications.

1- La loi SRU, l’épée de Damoclès

Trois des quatre grandes communes de la collectivité ne respectent pas la loi SRU (solidarité et renouvellement urbain), here oblige les communes de plus de 3 500 habitants intercommunalités de plus de 50 000 âmes à disposer de 25% de logements sociaux d’ici 2025 – ou 20% dans les territoires «dont la situation locale ne justifie pas l’exécution des obligations de production».

C’est le cas de Grand Cognac, où seule Cognac est dans les clous avec 20.6% de son parc en social. Au contraire, Châteaubernard, Jarnac et Châteauneuf-sur-Charente déplorent un déficit, de 121, 175 et 160 logements. Ces municipalités pressent le pas pour combler le manque, et évitent d’avoir à payer les amendes que l’État commence à envoyer. Morgan Berger, vice-président de l’Agglomération en charge de l’habitat, prône pour un assouplissement de la légalisation : « La loi SRU, c’était bien il y a dix ans ; il y avait un rattrapage à faire au nom de la mixité sociale. Aujourd’hui, certaines communes sont obligées d’afficher ces 20% alors qu’il n’y a pas demandé de demandes. Le faut adapter le propose et modifier cette loi. “

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Les projets se multiplient à Châteaubernard.  Comme ici, au 41, avenue de Barbezieux, où 30 logements dont un Yellome (pour jeunes travailleurs) vont être réalisés.

Les projets se multiplient à Châteaubernard. Comme ici, au 41, avenue de Barbezieux, où 30 logements dont un Yellome (pour jeunes travailleurs) vont être réalisés.

Anne Lacaud

2- Appel à la “sobriété foncière”

Forte d’un bassin d’emploi en verve (base aérienne de Cognac, filière viticole), Grand Cognac assistera à une augmentation de sa population de 0.28% par an et afflux de 2 200 habitants entre 2024 et 2034 (la population passerait à 73 000 habitants). Pour accueillir ces gens, l’Agglo vise une production de 2 800 logements; c’est le Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi) en cours d’élaboration qui le dit.

“On fait dans la facilité parce qu’on a des terrains mais, demain, le défi sera de reconquérir Habitat dans Ancien”

Le document, voué à entrer en vigueur en 2023, régira l’aménagement du territoire pour la décennie à venir, dans tous les domaines. S’il fixe des ambitions en termes de construction de logements, il prévoit, par ailleurs, une vigilance accrue en matière d’étalement urbain. Objectif, “limiter” l’artificialisation des sols. Bientôt contraintes, les villes anticipent en fonction de leurs terrains à disposition des bailleurs pour des constructions nouvelles.

«Cet étalement urbain sans confine, pour atteindre les 20% de logements conventionnés, n’a pas de sens. On fait dans la facilité parce qu’on a des terrains mais, demain, le défi sera de reconquérir Habitat dans l’Ancien”, souffle Morgan Berger, qui plaide pour la” sobriété foncière “. « Grand Cognac va mettre au bas mot 300 000 euros pour faire de la construction. La va falloir qu’on arrête de donner pour donner aux bailleurs et qu’on revoit les critères d’attribution pour inciter les bailleurs. C’est tout un modèle qu’il faut repenser. “

Dans le centre de Cognac, Noalis prévoit par ailleurs l'acquisition et l'amélioration de neuf logements à l'étage de ce bâtiment du 44, rue Aristide-Briand.

Dans le centre de Cognac, Noalis prévoit par ailleurs l’acquisition et l’amélioration de neuf logements à l’étage de ce bâtiment du 44, rue Aristide-Briand.

Émilien Gomez-Cabot

3- L'”image mauvaise”

Qui dit programme de logements sociaux dit, souvent, levée de boucliers. Ces derniers mois, des habitants de Chassors et de Châteauneuf-sur-Charente ont fait tour à tour part de leurs inquiétudes et de leur opposition à l’idée de voir des ensembles collectifs sortir de terre près de chez eux.

Pour éviter ces oppositions frontales, Morgan Berger préfère parler de « logements conventionnels » : « Le logement social renvoie une mauvaise image, cellules des logements où on met des cas soc ». 70% de la population charentaise peut accéder à un logement conventionné “, rappelle l’élu, qui veut aussi” casser cette image “via des ensembles qui” s’intègrent bien à l’environnement “.

«L’architecture y fait beaucoup», abonde Patrick Gallès, président de Logélia. « Les gens s’imaginent qu’on va faire construire des tours mais, de nos jours, sur une autre vision de l’Abitat collectif, avec du R+1, R+2. À nous de réfléchir à l’architecture et à la disposition la plus propice pour que tout se passe bien. “

Patrick Gallès, président de Logélia, en décembre 2021.

Patrick Gallès, président de Logélia, en décembre 2021.

Anne Lacaud

4- Un parc inapproprié

Dans son PLUi, Grand Cognac précise que la production de 2 800 logements doit s’accompagner d’un renouvellement d’un parc qui ne répond plus aux besoins et aux tendances sociétales (ménages qui se présentent, familles monoparentales, seniors isolés…).

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