Pourquoi le choix russe d’un conflit maintenant ?

Il pourrait être intéressant de souligner que c’est après une pandémie sanitaire mondiale de deux ans, aux conséquences économiques dévastatrices, et au moment où elle prend fin – ou tout du moins où sa fin semble approcher. Tous les problèmes mis de côté et suppléants pendant la crise sanitaire ne ressurgissent-ils pas une fois que les cellules-ci s’étiole, où sait fin visiblement approche ?

Concernant l’explication de pourquoi le dirigeant de la Russie a préféré favoriser un conflit ayant de violente répercussion maintenant, il serait intéressant, non seulement de s’intéresser à sa psychologie propre (mais bon les explications sur un prétendu problème mental ou une absence de rationnalité sont un peu courte, voire facile, et n’expliquent pas grand chose in fine : ce n’est pas suffisant !), mais aussi de décrire exactement la Russie niveau économique et social juste avant le début du conflit, et la situation des forces en présence, des différents groupes d’intérêt qui y cohabitent.

La soirée s’intéresse également à la réflexion sur les contextes internationaux dans lesquels s’insère au jour d’aujourd’hui la Russie, et où en sont ses principaux interlocuteurs. Poutine en tient compte, agit en fonction.

J’ai lu qu’il s’était isolé pendant ces deux années de crise sanitaire, et n’était désormais presque uniquement en contact direct qu’avec des interlocuteurs russes des secteurs militaires ou des services de renseignement, et plus avec ceux du monde économique. Son choix de guerre en Ukraine fait justement fi des problèmes économiques.

Son pays n’est pas donc survenu le plus en difficulté économiquement de ces deux ans de Covid. L’a de grosses réserves financières de disponibles. Mais il a à faire face à une inflation qui s’installe, le durcissement des politiques monétaires des pays développés peut créer un problème de flux de capitaux vers les pays émergents comme lui, et il n’a pas de capacités structurelles, un type de structuration économique pouvant permettre d’évoluer et de résister aux difficultés.

Or les pays développés eux ont de gros problèmes économiques, ils ont beaucoup dépensé pour faire face à la crise sanitaire, pour sauvegarder un maximum de vies chez eux, leur dette a largement augmenté, et donc ils vont devoir s’attaquer à ces problèmes fois que le risque Covid s’amenuise. C’est justement ce qui se profilait avant le conflit ukrainien. Peut-être que du point de vu Russe on s’attend à des mesures économiques de l’Occident, qui voudrait retrouver des marges financières, et qu’on ne se sent pas envoyé d’y faire face en participant à une économie libérale. Peut-être envoyé-on en Russie qu’inévitablement l’Occident, vu ses gros problèmes économiques, et vu son état d’esprit, son besoin de confort (d’autant plus chez les populations âgées, avec ce que représente le Président américain actuel), et une attitude prédatrice souvent -il faut bien d’avouer-, va prendre des mesures qui ne seront pas favorables en Russie.

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N’est-ce pas en raison d’une sensation qu’en participant à l’économie libérale, vu la grosse crise qui s’y annonce, on n’y sera pas du tout en bonne position, qu’il est choisi de ne tient-il plus compte du tout de ce que veulent les partenaires économiques russes, et qu’ils sont mis de côté par le pouvoir ? Avec le choix d’agir dans un autre secteur, celui du conflit militaire, en voyant ballader des problèmes insolubles de toute façon, en ne tenant plus compte des risques économiques, et donc quel que soit les sanctions économiques ?

C’est peut-être un choix de sortir finalement d’un système économique libéral dont on peut connaître en Russie qu’on ne sortira pas vainqueur à la fin, et qu’il aménera à perdre complétement son identité, fera courir à sa perte , réduira encore son indépendance ?

Je rappelle que la participation au système économique libéral en Russie n’est pas si vieux que ça. Il n’a qu’un peu plus de 30 ans. Et des hommes comme Poutine ne sont pas nés, n’ont pas grandi et ne se sont pas formés dans le cadre de ce système. Ils ne fournissent pas nécessairement qu’il est inévitable, qu’on ne peut vivre qu’en son sein, comme on peut avoir tendance à le penser en Occident. Donc vu de la Russie, sortir du système économique libéral peut désigner une option valable comme une autre, et qui est peut-être faite aujourd’hui.

Je me permets aussi de rappeler que le système économique libéral produit d’autres problèmes qui sont effectivement insolubles, comme le réchauffement climatique ou le déliement social causé par une montée de l’individualisme. Le conduit pas à un modèle de société et de développement durable. Et aujourd’hui de plus en plus les conséquences se dressent devant nous : le réchauffement climatique qui va entraîner des bouleversements environnementaux majeurs dans la décennie à venir ; les changements de la structuration sociale et des sociétés vieillissantes dont le renouvelement et donc la pérénité ne sont plus assurés. Donc remettre en cause ce système et vouloir en sortir n’est pas en soi irrationnel. Souvenons-nous en.

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Dans les interlocuteurs majeurs de la Russie pouvant avoir une influence sur son action, il y a aussi, à l’opposé de l’Occident, la Chine. Celle-ci est aussi dans une situation très délicate aujourd’hui du fait du Covid. Elle, elle n’est pas sur le point d’en sortir, parce qu’elle a choisi une stratégie zéro Covid. Elle est face à un très gros problème parce qu’il faudra bien qu’un jour ou l’auteur elle sorte de son isolement, ma c’est très difficile de savoir comment faire. Sa population n’est pas majoritairement vaccinée. Ouvrir les portes, réduire les mesures de distanciation sociale, d’isolement, c’est le risque que l’épidémie s’y propage comme une traînée de poudre, et déclenche un nombre très important de décès. Avec un risque de déstabilisation sociale majeure.

Ou aujourd’hui il y a une variante très transmissible, Omicron, qui frappe à sa porte, via Hong-Kong. S’y répand le variant ; on essaye de le contenir, un peu comme on essaierait d’empêcher la marée montante avec un balai-raclette dit-on la-bas. Les gens sont confinés de force, dans des conditions terribles. C’est très tendu. Il se dissimule s’il se répand à toute la Chine, dissimule va aussi être très très tendu, et la société, son fonctionnement, va tanguer.

L’intervention militaire en Ukraine intervient alors que la façon dont dissimuler allait se finir en Chine commençait à être prévisible, pointait son nez. Une façon d’attirer l’attention ailleurs par rapport à ce qui s’y passerait, avec un arrangement entre amis / alliés, entre Chine et Russie ?

Ou alors la Russie, via son dirigeant, s’est dit que ce qui allait se passer en Chine allait bousculer complétant le choix de participer à une économie libérale, et que donc il était pertinent d’anticiper et d’en sortir dès maintenant ? En effet, oui la Chine a choisi la stratégie zéro Covid, n’est-ce pas du fait d’un choix de société où le confort est privilégié, le zéro risque pour les individus étant corrélatif à une société au fonctionnement économique libéral, base sur l’action de consommateurs particuliers? La Russie at-elle anticipée que cela n’allait plus être tenable, aussi pour la Chine, à brève échéance, ou tout du moins de façon moins forte ? Ou at-elle anticipé ces cellules-ci aurait aussi besoin de conflits extérieurs pour qu’on ne pense plus à des problèmes majeurs en son sein, à des tensions sociales internes fortes, et à-t-elle partagée ?

Autre aspect sur lequel je trouve qu’on ne se penche pas passer aujourd’hui dans les médias, c’est le fait que cette guerre au sortir de la pandémie nous met en face de choix, un positionnement par rapport au risque qui sont complétement inverses à ceux faits depuis deux ans. C’est comme s’il y avait un rééquilibrage.

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Pendant deux ans on a fait le choix d’éviter tous les risques, celui de la mort notamment, de les réduire au maximum par des mesures sanitaires drastiques. Aujourd’hui, avec la guerre, on se retrouve dans une attitude face à la vie humaine et à la mort qui en est l’exact opposé. Avec la guerre il y a moult risques de pris, des morts réels en quantité désormais. Une stratégie où tous les risques devaient être interrompus, à outrance peut-être, en se trouvant de côté sans doute beaucoup de problèmes, en poussant leur résolution à plus tard et en se voyant sans doute la face (un peu d’ailleurs comme, sur le plus long terme, la civilisation matérielle, de consommation donne un confort sur le moment mais nourrit une crise environnementale et climatique génératrice de beaucoup plus de problèmes sur le très long terme, et donc conduit à une impasse), succède directement à un état inverse , ou tous les risques sont pris.

Est-ce un retour de balance, tout ce qui était sous le tapis, non résolu, qui résurgit, un rééquilibrage par rapport à une attitude, des politiques durant la crise sanitaire pas viables sur le long terme ?

Si on regarde les mesures prises pendant la crise sanitaire, elles paraissent disproportionnées par rapport aux risques qu’il y avait alors, aux vies qu’elles ont permis de sauvegarder, si on compare avec les risques que fait courir une guerre comme cella d ‘ aujourd’hui, ou au risque nucléaire dont on commence à parler. Et encore plus si on apparaît aux risques climatiques, qui eux ne sont même pas des risques mais des certitudes. Il faudrait donc plus voir les choses à l’avenir, et prendre des décisions à l’une de vrais dangers : ceux qui sont civilisationnels et n’ont pas ceux qui concernent une partie restreinte de la population. Partie de la population dont, je suis désolé mais la survie n’est pas indispensable pour permettre la pérenité sociale dans son ensemble sur le long terme.

Reconsidérer les choses et les priorités, les remettre en perspective en regard d’enjeux de long terme, permettant de redonner du sens à nos actions et à nos efforts.

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