Portugal, Allemagne, Grèce… Le Covid-19 joue la carte de l’été en Europe

Le voilà qui se charge à nouveau dans nos valises… En deux semaines, le Covid-19 a augmenté ses contaminations en Europe de 57 % par rapport aux deux précédents (soit 3,5 millions de nouveaux cas). Le virus est dirigé par les sous-variantes BA.4 et BA.5, des dérivés d’Omicron qui ont été identifiés en Afrique du Sud et au Botswana en janvier.

Il est vain d’espérer que cette nouvelle vague sera freinée par les températures estivales : les derniers pics épidémiques subis par ces pays, ainsi que l’Australie et la Nouvelle-Zélande, ont eu lieu précisément à l’été austral.

infographies. | OUEST DE LA FRANCE

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Il a également fait très doux au Portugal à partir de mai 2022. Bien que très bien vacciné (95 % de la population a reçu deux doses et 76 % trois doses), le pays a été le premier en Europe à démarrer avec un pic de 70 000 nouveaux cas le mardi 7 juin (un tel seuil l’était depuis le début de la pandémie atteint une seule fois en janvier). Depuis, la contamination est en baisse, avec 15 000 nouveaux cas en date de mercredi. Le Portugal respire.

Où est-ce qu’il fait chaud ?

L’éruption est spectaculaire dans toute l’Europe. Vertigineux même à Malte (+203%), en Albanie (+167%), aux Pays-Bas (+162%) et au Luxembourg. Les cas ont également plus que doublé en Suisse (+140%), en Autriche (+126%), au Royaume-Uni (+117%) et en France (+118%). Ils ne sont guère moins nombreux en République tchèque, en Allemagne, en Irlande… Le satané BA.5 prévaut partout.

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pas si grave ?

Les optimistes noteront que le reste de l’Europe peut s’attendre à un rebond à la mi-juillet si la pandémie suit l’exemple du Portugal. Et c’est pour l’instant aucune preuve que BA.4 et BA.5 sont associés à une gravité accrue de l’infection​ selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), qui souligne toutefois qu’il faudra un certain temps avant que ce moindre risque ne soit confirmé.

Il a déjà été prouvé que ce nouvel épisode ne provoque pas une ruée massive vers les hôpitaux (+ 24 % en Belgique, + 12 % en Grèce, etc.). Rien à voir avec les premières vagues. Seule différence, les statistiques cachent une réalité différente : à l’approche des vacances, le personnel soignant tire la sonnette d’alarme un peu partout. Manque de personnel, de lits, de fonds…

Les services d’urgence sont saturés en France. En Espagne, c’est la tempêterésumé dans El País Angela Hernandez, porte-parole du syndicat des médecins Amyts. À Madrid, le nombre de salles d’urgence a diminué de moitié avec la fermeture des centres de soins secondaires. Même enfer en Grèce alors que les touristes affluent. Le pays ne compte encore que 1 000 lits de soins intensifs. Faute d’infirmiers, le nouvel hôpital de Thessalonique (100 lits) reste fermé ; à Rhodes, un poste sur deux est vacant.

Il reste des points noirs…

Les temps sont durs pour les personnes âgées et vulnérables car le masque et la plupart des mesures de protection ont disparu. Car lorsqu’elles apparaissent moins sévères, ces nouvelles variantes se multiplient à grande vitesse.

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Les données épidémiologiques montrent que BA.5 serait 10% plus contagieux que BA.2 qui a fait rage en début d’année, prévient Olivier Schwartz, chef du département Virus et immunité à l’Institut Pasteur.

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La multiplication des cas va inévitablement augmenter le nombre de formes graves, d’hospitalisations voire de décès… Le Covid a tué 2 981 personnes en Europe en une semaine. Les pays avec le plus de décès : Allemagne (461 décès), Grande-Bretagne (374), Espagne (365), Italie (339), France (281)…

Notre immunité en berne ?

L’Europe, bien vaccinée au niveau mondial, entre dans une phase de immunodéficience​, s’alarme mercredi l’épidémiologiste Mircea T. Sofonea de l’Université de Montpellier :La protection offerte par une dose ou une infection s’estompe avec le temps.

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D’où l’urgence de vacciner les plus vulnérables. Sur les 8,7 millions de Français qui ont droit à la quatrième dose (plus de 60 ans et personnes avec comorbidités), seul un sur quatre l’a déjà reçue. Même lassitude perceptible en Allemagne, au Portugal et en Belgique, où les autorités n’ont pas encore annoncé l’ouverture de cette quatrième dose à l’ensemble de la population. Les Espagnols savent déjà qu’ils y auront droit cet automne. Les précurseurs suédois et finlandais offriront ensuite une cinquième dose à leurs populations âgées et vulnérables.

Quant aux ex-patients qui se sentent protégés, attention… Selon plusieurs études, les personnes infectées par Omicron en début d’année ont développé une immunité plus faible contre BA.4 et BA.5. Vous seriez 7,5 fois moins protégé qu’avec un vaccin. Ces données doivent encore être confirmées, mais le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies note également que ces variantes » Capacité à échapper à la protection immunitaire“.

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L’été promet-il de rester caché ?

La levée printanière des restrictions fait la chance… du Covid. Sans l’imposer, les autorités portugaises ont hautement recommandé à remettre le masque au travail, dans les lieux fermés et lors des grands rassemblements en plein air à partir du mois de mai. Il est également toujours utilisé dans tous les centres de santé en Europe. Et dans les transports en commun en Espagne, Italie, Grèce, Allemagne…

En revanche, aucun pays n’a annoncé son intention de réintroduire d’autres mesures comme le confinement ou le confinement. Aucune restriction de voyage n’est actuellement prévue entre les pays de l’Union européenne non plus. Mais le certificat Covid de l’UE (trois doses de vaccin pour les adultes – deux pour les 12-18 ans – ou un test négatif) vient d’être prolongé et est valable jusqu’au 30 juin 2023.

A chaque pays de l’exiger ou non : l’Italie y a renoncé début juin mais pourrait rapidement changer d’avis. Pour éviter toute déception, avant chaque départ, consultez le site de l’ambassade de France du pays de destination.

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