Pacte gouvernemental : LR campe sur ses positions

Comment tenir debout dans l’assemblée quand les rebelles et le rassemblement national nous attendent ? Comment sortir du jeu si Emmanuel Macron est privé de majorité absolue ? Comment protéger ses chances de reconstruction quand la droite, même si elle a évité le pire, est – selon l’un de ses poids lourds – « dans le coma » ? Ces questions ont occupé tous les Républicains ce lundi, au lendemain du second tour de l’élection législative qui a abouti à l’élection de 61 députés LR et de 2 droites différentes soutenues par LR (hors 4 élus des formations alliées). ).

La peur de la “dilution”

Afin d’agir en opposition “responsable”, LR “présentera une série de projets de loi à la fin de l’été ou à l’automne sur des sujets qui tiennent à coeur aux Français”, a poursuivi Christian Jacob.

« Les autres voteront contre Macron. Il faut voter dans l’intérêt de la France”, a plaidé Laurent Wauquiez, le chef d’Auvergne-Rhône-Alpes, ancien chef du parti et qui s’interroge sur l’opportunité de le retirer. « Un accord intergouvernemental nous corsete et nous lie. La cohérence, c’est de voter en fonction de ce qui est proposé, ou de ce que nous pensons », estime l’eurodéputé et l’ancien ministre Brice Hortefeux.

La grande majorité des députés sont dans cette ligne. Ils n’ont nullement l’intention de « se servir d’une béquille » pour un chef d’Etat qui vient d’être sévèrement battu aux législatives et en qui ils n’ont « aucune confiance ». Ils n’entendent pas « trahir » leurs électeurs pour tomber dans « un piège » qui conduirait à leur « dilution ». Ils ne veulent pas être associés à son évaluation car ils sentent qu’ils risquent une dissolution rapide. « Emmanuel Macron a échoué. On n’est pas là pour lui sauver la mise”, résume Raphaël Schellenberger, qui a été réélu dans le Bas-Rhin.

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“Il va y avoir des tensions”

Pierre-Henri Dumont, député de retour du Pas-de-Calais, est encore plus direct. « Je n’ai pas été réélu pour conclure un accord gouvernemental ; J’ai été réélu pour casser la gueule de Macron”, clame-t-il, qualifiant le chef de l’Etat de “mort”: “C’est René Coty [le dernier président de la Ve République , NDLR]. Nous ne gagnons rien à être la potence qui porte la corde pendante. »

Sans prôner un pacte de gouvernement, les LR doutent que leur parti soit réellement une “opposition responsable”. « La réalité, c’est qu’on prépare une opposition frontale en l’habillant », rire un élu, jugeant que « si on fait comme avant, on aura les mêmes résultats qu’avant ». “En cas de dissolution, il ne faudrait pas qu’on apparaisse comme l’entreprise qui a tout transformé en préservatif en un an”, sourit un député.

Un autre trouve la tonalité de l’intervention “excessivement dure”. “On se dit qu’on va regarder chaque texte, mais l’impression qu’on donne, c’est que c’est déjà non, non et non”, analyse-t-il. Et de prévenir : « Sur chaque texte, il va y avoir des tensions à droite. »

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