Nancy : pourquoi un colon géant a-t-il été installé à l’intérieur de la mairie ?

A l'intérieur du côlon, des polypes peuvent dégénérer en cancer invasif.
A colon intérieur, des polypes en forme de champignon peuvent dégénérer en cancer invasif. (© Kévin Lamblé / Journaliste Lorraine Actu)

A la mairie de Nancy, la structure gonflable de couleur rose en impose. Elle représente un colon géant de plusieurs mètres. La présence de cet objet tenue inhabituelle le regard des visiteurs.

Tout autour de l’installation, des bénévoles assurent des stands d’information et de prévention du cancer colorectal. Parmi eux, le 54 comité de la Ligue contre le cancer, la CPAM (Caisse Primaire d’Assurance Maladie) de Meurthe-et-Moselle, un gastro-entérologue et une équipe du service nutrition du CHRU de Nancy.

Dépistage tous les deux ans de 50 à 74 ans

Sur son stand de la CPAM de Meurthe-et-Moselle, Catherine Collovald est chargée de prévention. Tous les deux ans, les personnes âgées de 50 à 74 ans sont invitées à se faire dépister. A cette occasion, ils ont reçu une enveloppe dans leur boîte aux lettres.

Dans cette enveloppe bleue, ya un test à faire chez soi. Pour effectuer le prélèvement de selles, il y a un kit à sceller sur la lunette des WC. L’assuré va ensuite déposer sa pipette dans ses selles puis la secouer avant de la renvoyer dans la pochette au laboratoire.

Catherine CollovaldChargée de prévention à la CPAM de Meurthe-et-Moselle.

Vulgariser et dédramatiser vis-à-vis du cancer colorectal

«Ce colon géant à un petit côté ludique», sourit le docteur Anthony Lopez, gastro-entérologue au CHRU de Nancy. Au-delà du côté symbolique, l’intérêt de cette installation est double : vulgariser le cancer colorectal et dédramatiser vis-à-vis de cette maladie.

Le cancer colorectal est très fréquent : il y a 45 000 nouveaux cas détectés et 17 000 décès par an. C’est le troisième cancer le plus fréquent chez l’homme après celui de la prostate et du poumon et le deuxième cancer chez la femme après celui du sein.

Antoine LópezDocteur gastro-entérologue au CHRU de Nancy

Dans le tube digestif taille XXL, le coordinateur adjoint de la Fédération de cancérologie du CHRU de Nancy rappelle que l’évolution de ce cancer “est très lente et longue”.

Coloscopies : enlever le polype pour éviter le cancer

Doigt pointé vers l’une des paroisses à l’entrée du colon géant, Anthony Lopez résume : “Quand c’est tout lisse, c’est normal”. Le relief et l’aspect du tube digestif sont visibles grâce à la coloscopie. Elle consiste en un examinateur des miniatures de l’intérieur à aide d’une caméra du côlon.

Sur la paroi de l’autre côté du colon géant, des polypes visibles en forme de champignons. « Sous la grippe de ces facteurs peut se développer des polypes. Si on laisse ce polype sans l’enlever, il peut dégénérer en cancer invasif », prévient le gastro-entérologue.

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Parmi les facteurs à risque, alimentation dans un cas sur deux : trop riche en viande rouge, en charcuterie, en graisse saturée et trop pauvre en fruits et légumes et céréales. Il y a également le patrimoine génétique et familial, le tabac, l’alcool et la sédentarité.

Antoine LópezDocteur gastro-entérologue au CHRU de Nancy

Comme dit l’adage, mieux vaut prévenir que guérir. Pour cela, pas de secret : au moindre doute, il faut se faire dépister.

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