Mixité sociale : le classement des collèges charentais

jele pouvoir judiciaire devait imposer la main de l’Éducation nationale au niveau national. Et au final c’est une panoplie attendue des écoles en Charente qui a été publiée la semaine dernière. Trois universités urbaines privées dansent au sommet, Saint-Paul et Sainte-Marthe à Angoulême, Beaulieu à Cognac. Et en queue de peloton, loin, très loin derrière tout le monde, deux collèges REP, Michelle-Pallet à Grande-Garenne, Romain Rolland à Soyaux. Ce classement n’est pas et n’est pas lié à celui des résultats scolaires. C’est l’indice de position sociale (IPS), un indice qui tente de mesurer “composition sociale” une école ou une institution, collège ou lycée. En d’autres termes, pour dépeindre le milieu social des étudiants.

Le constat est inexorable : la mixité sociale se fait de moins en moins. Les enfants cadres d’un côté, les enfants des classes populaires au milieu, les enfants issus de milieux défavorisés dans leur coin. En France, le collège avec l’IPS le plus élevé est de 157,6. En bas du tableau on trouve un collège en Guyane avec un indice de 51,3. Celui de Michelle-Pallet en Grande-Garenne est de 59,5.

“Ghettoïsation de certaines entreprises”

« Les exploitations avec un IPS inférieur à 81 représentent l’un des milieux sociaux les plus défavorisés »analyse Sophie Reboul-Pias, secrétaire académique du SE-UNSA. Et sans surprise “On retrouve dans les derniers collèges qui sont déjà classés en REP”clame le syndicaliste.

Les différences d’indices sont pures” Corrélation avec le secteur du recrutement étudiant ‘ explique Joël Nal, recteur du Collège Michelle-Pallet. Exemple à Soyaux et ses deux collèges Romain-Rolland avec un IPS de 69,9 et Pierre Mendès-France avec 104,4. 35 différences qui expliquent en grande partie le milieu d’habitation et l’origine sociale des enfants. Deux collèges et deux soyaux cohabitent sans se mélanger.

Pour Sophie Reboul Pias, “Nous constatons également que certaines installations isolées, ancrées dans les zones rurales et éloignées des pôles culturels, maintiennent l’IPS à un niveau bas.”. plus grave, l’IPS n’illustre qu’une seule forme de ségrégation scolaire. C’est un mot très fort, mais il existe. Nous vivons une forme de ghettoïsation de certaines entreprises., poursuit le secrétaire académique de l’Unsa. Exemples : L’avant-dernier de ce classement est Claude-Boucher dans le quartier de Crouin à Cognac. En milieu rural, Villefagnan, Roumazières et Ruffec illustrent les difficultés de ces mêmes territoires.

Outil de gestion

“Il est important d’analyser la structure scolaire et les positions sociales des institutions individuelles”, estime Sophie Reboul-Pias. Un levier “pouvoir négocier au sein de nos comités en faveur des moyens financiers et humains”, poursuit le syndicaliste. Une démarche partagée par Joël Nal. “C’est un outil qui est pertinent à tous les niveaux de management : national, académique et départemental”.

Blâmer le secteur privé ?

“L’idée est de comprendre quel type d’accès à la culture ces familles ont”, explique Joël Arnoux, recteur du collège de Ruelle-sur-Touvre. L’IPS prend en compte des éléments tels que le nombre de livres par foyer, le temps passé devant la télévision, l’accès aux salles de cinéma et la fréquence de fréquentation des musées. Sur l’IPS honorable de son établissement avec 598 élèves (il est 5e avec 112 derrière les collèges privés de Saint-Paul, Sainte-Marthe et Saint-Joseph), Joël Arnoux, directeur de l’établissement Ruelle, mentionne parmi les élèves de son collège , enfants de familles “plutôt préféré” qui ont des bagages “bien représenté culturellement et pédagogiquement”. “Ce sont des parents qui ont une certaine forme de droit et d’attente de la communauté scolaire.”.

Sophie Reboul-Pias, elle pointe du doigt « le rôle central de l’enseignement privé dans ce schéma de choses. » Une accusation qui prive François Constantin, le directeur de Saint-Paul, de ses cheveux. qui assure “Bienvenue à la mixité sociale”. D’année en année, plusieurs étudiants des quartiers d’Angoulême s’inscrivent dans son établissement. Assurément, “Choisir pour l’argent est une réalité, mais certaines familles nous confient leurs enfants.” Le proviseur nous rappelle au passage “que 20% de nos collégiens et lycéens bénéficient d’une réduction” sur le millier d’euros de frais de scolarité annuels. C’est-à-dire qu’ils sont courtiers en valeurs mobilières. La gratuité est pratiquée pour 5% d’entre eux. Mais l’écart se creuse. Comme la société.

Tous les indices charentais sont consultables en cliquant ici.

Plus inquiétant encore, l’État finance 73 % du secteur privé.

Joël Nal, recteur du collège Michel Pallet, la lanterne rouge du classement :


Joël Nal, recteur du collège Michel Pallet, la lanterne rouge du classement : “Un IPS bas n’est en rien lié aux chances de réussite des étudiants dans leurs études”.

Photo de Quentin Petit

Combien de livres à la maison ?

Comment ces données sont-elles obtenues ? “En mode déclaratif”on rappelle le service communication de l’académie de Poitiers qui ajoute qu’il faut les interpeller “avec toutes les précautions nécessaires”. Cet IPS, compris entre 38 et 179, est en réalité calculé en considérant des statistiques basées sur le niveau d’études et la profession des parents ou l’implication de ce dernier dans son éducation. La composante matérielle dans laquelle évolue l’étudiant entre également en jeu en examinant le niveau de revenu du ménage, mais aussi des dimensions telles que la présence d’une chambre partagée ou individuelle et la présence d’un ordinateur disponible.

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