Ligue A : L’éventuelle arrivée de la sélection chinoise divise le volley français

Ce n’était donc pas une blague ! Ce mercredi, Yves Bouget, président de la Ligue nationale de volley-ball, a confirmé lors d’une conférence de presse que la fédération chinoise “l’a contacté dans le cadre d’une convention sportive internationale pour la préparation [son] Équipe masculine pour les Jeux Olympiques de Paris 2024”. Information publiée par Le Parisien le 25 juin. En effet, cette sélection intégrerait le championnat de Ligue A pour une durée de deux saisons à compter de la rentrée prochaine.

L’objectif est que les internationaux de l’Empire du Milieu puissent se préparer au mieux en France avant d’aborder les matchs. Une pratique qui existe déjà dans certains sports individuels — « comme la natation et l’athlétisme aux États-Unis », rappelle Bouget — mais qui est inédite dans une discipline collective. La ligue mettra également à la disposition de l’équipe chinoise un technicien français qui agira en tant qu’assistant de l’entraîneur.

“Je ne suis pas surpris par cette démarche”, poursuit le patron du LNV, qui s’était adressé au printemps. Ils sont pragmatiques, la France est championne olympique… C’est une reconnaissance du savoir-faire de la ligue et du volley professionnel français, qui a disputé deux finales européennes la saison dernière. J’attends avec impatience une telle opportunité si elle se présente. Être diffusé devant potentiellement un milliard de téléspectateurs (NDLR : Les matchs de la sélection, tous disputés à 15h le samedi en raison du décalage horaire, seront retransmis en direct sur CCTV chinois) Je l’aime bien. »

Sans oublier qu’il y aura “des retombées pour le championnat et les joueurs”. Selon Bouget, la liste des candidats – clubs ou collectivités locales – est importante pour accueillir la délégation asiatique. C’est un “booster économique phénoménal”, “un bond en avant pour le volley français”, dit-il. Des villes comme Paris, l’Ile-de-France, Orléans ou le Vendéspace de Mouilleron-le-Captif sont désignées comme lieux de résidence.

See also  "La meilleure fan zone, ce sera tout le Vieux-Port", le maire de La Rochelle

En contrepartie, la ligue recevra un chèque qui varierait entre 1 et 1,5 million d’euros. “Il y a un protocole de confidentialité, donc je ne donnerai jamais les chiffres”, prévient Bouget, qui connaît bien la philosophie chinoise. “J’y ai passé 30 ans de ma vie, deux mois par an, je sais qu’il faut faire attention que tout puisse soudainement changer. “Tout n’en est qu’à ses balbutiements, cet accord est loin d’être achevé”, prévient-il.

Une question de justice sportive ?

D’autant plus qu’il existe encore de nombreuses zones d’ombre. “Il y a un contexte géopolitique particulier et plus que délicat avec la Chine, ce n’est pas facile”, avoue un patron de club. D’autres évoquent un problème d’équité sportive et peut-être un championnat biaisé par la “motivation fluctuante par match” de l’équipe chinoise.

Ce dernier, où tous les points sont comptés, n’est pas concerné par la relégation mais peut participer aux playoffs. En revanche, elle ne pourra pas devenir championne de France. Cela signifie que s’il se qualifie et remporte la finale, le finaliste malchanceux sera couronné.

“Je ne vois pas comment l’équité, qui est une valeur morale, pourrait être compromise dans la participation de la Chine au championnat”, a répondu Bouget. Les joueurs sont ceux listés pour la VNL (Ligue mondiale, compétition à laquelle la France participe également) cette saison. La Chine est la 17e nation au monde, c’est une grande équipe de volleyball. S’ils viennent préparer les Jeux de 2024, ce n’est pas pour enfiler des perles… Ils sont très motivés. En d’autres termes, ils joueront tous leurs matchs avec la même intensité et le même engagement. “On va donc aider une sélection à battre notre équipe de France lors des matchs”, ironise un joueur.

See also  Horoscope du mercredi juin 2022

L’aspect juridique d’un tel dossier semble être le principal enjeu. Le gros point noir. “Le projet est bien avancé, mais de nombreuses questions juridiques doivent être clarifiées afin d’obtenir l’approbation du ministère (Des sports), explique Bouget, qui travaille en toute transparence avec les autorités françaises. Ce n’est pas facile. Ils doivent être levés. La France est un pays de droits, il faut le respecter. »

Les annonces de Bouget ne lèvent pas tous les doutes pour les officiels et les joueurs des clubs français. “Il y a beaucoup de questions, le problème sera politique”, a déclaré l’ex-international Yannick Bazin, président du syndicat des joueurs. Au final, ce n’est ni la ligue ni le gouvernement fédéral qui décident, mais le ministère. S’il pense que ce n’est pas possible, cela n’arrivera pas. »

“Cela devrait être réglé d’ici la fin de la semaine prochaine”

“Je ne suis pas contre par principe, il faut essayer de nouvelles choses au profit du volley français”, assure Joëlle Logeais, présidente du club du Plessis Robinson. L’apport financier peut aider à soulager les clubs qui ont de nombreuses dépenses et doivent payer la moitié des droits de production des matchs diffusés sur beIN Sports. Cela devrait amener du monde dans les salles et donner de la visibilité au volley français. »

“Le côté positif, c’est qu’on va parler de volley”, sourit Bazin. J’ai posé la question aux joueurs et le résultat est très partagé. Si nous devons passer par là pour monter dans le championnat, cela ne nous dérange pas. Cependant, j’espère que les clubs recevront plus que les sommes annoncées (environ 50 000 euros par club par saison), espérer s’auto-structurer ne suffit pas. »

See also  Suivez en direct les débats de la Plénière de la CTM - Toute l'actualité de la Martinique sur le web

La décision finale – approbation ou non – devrait être annoncée dans les prochains jours. “Il faudra régler ça d’ici la fin de la semaine prochaine”, assure Yves Bouget.

Leave a Comment

x