Les réponses à vos questions

Chaque jour depuis le 24 février – début de l’offensive russe – Le monde suit en direct l’évolution de la guerre en Ukraine. Nombre de journalistes dédiés à cette équipe de live night qui ont déménagé à Los Angeles, source et vérification d’informations… nous avons répondu à vos questions lors d’un chat le mercredi 25 mai.

Paul : Combien de personnes s’occupent de ta vie en Ukraine et comment es-tu répartie ?

Solène L’Hénoret : De 9h00 à 21h00 deux personnes sont responsables du live, de 21h00 à 9h00 une seule personne. Pour faire vivre l’équipe 24h/24 et 7j/7, une quinzaine de rédacteurs se succèdent organisés par tranches horaires. Mais en réalité tous les services participent à cette retransmission en direct : journalistes de la Direction Internationale, correspondants, envoyés spéciaux, reporters et photographes, les services infographie, décodeur, pixel, photo et vidéo, mais aussi les « home editors » qui mettent à jour en permanence la page d’accueil et renommer le direct pour les dernières informations, les relecteurs et les “éditeurs de médias sociaux” qui surveillent en permanence ce qui y est publié.

Louis : Comment vous organisez-vous pour relayer l’information la nuit ? Vos équipes tournent 24h/24 et 7j/7 ?

Solène L’Hénoret : Cette gestion permanente ne pourrait être efficacement assurée sans l’office de la Cour fédérale de justice Monde à Los Angeles, où une dizaine de journalistes se relaient pour vous informer pendant qu’il fait noir à Paris. A 23h, l’équipe de Paris enverra par messagerie instantanée diverses informations et consignes à l’équipe de Los Angeles, qui continuera d’alimenter le Live des nouveautés et des dernières photos tout en préparant l’édition de La Matinale et la newsletter “Le Brief”, envoyées chaque Matin.

Hhyy : On vit de plus près cette saison de Nachtteam depuis quelques mois maintenant, avec les différents lives proposés sur le site. Existe-t-il un article sur cette célèbre équipe de Los Angeles ? Je suis fasciné par cette façon de contribuer à un journal, mais avec un retard et à des milliers de kilomètres.

Solène L’Hénoret : Il n’y a pas d’article spécifique sur cette fameuse équipe de Los Angeles ! En mars 2020, nous avons publié un article sur l’organisation de la rédaction fermée, qui traitait de la communication entre tous les services, notamment avec le bureau californien. L’organisation y est en fait très similaire à celle de Paris – moins de soleil et de palmiers ! L’une des différences concerne les horaires de travail, car les journalistes de Los Angeles travaillent de 14h à 22h. Sinon, le métier de journaliste est le même.

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Ltn B. : Comment les ressources éditoriales investies dans ce spectacle vivant ont-elles diminué au fur et à mesure que le conflit a duré et que l’attention des lecteurs s’est affaiblie ? Comment voyez-vous l’avenir de ce live ?

Clémence Apetogbor : Les ressources éditoriales dédiées à ce live ont toujours été les mêmes depuis le début de la guerre ! Pour le moment, nous continuerons à suivre la situation en direct au quotidien. Nous aviserons au fur et à mesure de l’évolution de la situation sur place.

Max : À quelle heure publiez-vous les informations que vous recevez ? Le temps de vérification est-il long ? Y en a-t-il que vous ne publiez pas ?

Solène L’Hénoret : C’est très variable. Nous reprenons les informations des journalistes de la Monde, notamment ceux du Service international qui ont préparé des reportages en Ukraine, mais aussi des correspondants et reporters sur le terrain. Nous suivons également la richesse des informations provenant de nombreuses sources.

La difficulté réside alors dans le tri de ces informations : les autorités russes et ukrainiennes dans un contexte de propagande importante, les autres États oscillant entre sanctions et action diplomatique, le monde des affaires, la société civile, mais aussi les – très – nombreuses images qui apparaissent dans les réseaux pour être publié. Social. Le temps de vérification pour recouper les informations peut alors être plus long.

Et bien entendu nous ne publions pas certaines informations, notamment celles que nous ne pouvons pas vérifier, et n’hésitons pas à y revenir ultérieurement si un journaliste du domaine a pu le confirmer. En cas de doute, toute l’équipe éditoriale est là pour vous accompagner. La décision de publier une information relève de la responsabilité du rédacteur en chef et, pour les points les plus sensibles, du comité de rédaction (voir notre article sur l’organigramme du journal).

Au service web « Welt », le 11 mars 2022.

Chechito : Les journalistes du Monde qui rendent compte du conflit en Ukraine parlent-ils russe ou ukrainien, ou font-ils systématiquement appel à des traducteurs ?

Enora Olivier : Certains journalistes parlent russe, mais les envoyés spéciaux en Ukraine travaillent sur le terrain avec des “fixers”, des locaux, qui les accompagnent et les aident très souvent à traduire et à assurer la liaison avec les riverains. Mais nous faisons aussi intervenir des traducteurs, par exemple dans le cadre de « l’Exilhefte », le traçage des familles ukrainiennes arrivées en France.

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Mapiecascales : Combien d’envoyés spéciaux avez-vous et comment sont-ils répartis ?

Enora Olivier : Le nombre d’envoyés spéciaux varie d’une semaine à l’autre. Certains journalistes séjournent plus longtemps en Ukraine, d’autres font des séjours plus courts et se succèdent. La zone couverte est très large afin de saisir au mieux les multiples facettes de cette guerre : nous sommes présents à Kiev, mais les journalistes se rendent aussi dans le Donbass, à Odessa, à Tchernobyl… selon leurs reportages.

Lewan : Dans quel environnement de travail les personnes qui nourrissent cela vivent-elles ? Travaillent-ils tous à distance ou côte à côte dans vos locaux ?

Sandra Favier : Nous sommes une quinzaine de journalistes qui se relaient pour animer ce live. Nous faisons tous partie de l’équipe éditoriale web Monde et travailler côte à côte la plupart du temps dans notre open space habituel. Cela facilite grandement les échanges, qui sont nombreux dans le cadre du suivi en direct.

Cependant, il arrive aussi régulièrement qu’un ou plusieurs membres de l’équipe travaillent à distance. En ce moment, l’échange se fait par messagerie instantanée et fonctionne tout aussi bien.

Gab : C’est vivre le plus longtemps ? Plus long que celui sur le Covid-19 ?

Solène L’Hénoret : La vie de la guerre en Ukraine est la plus longue. Lors du premier confinement, la retransmission en direct a duré quatre-vingt-trois jours – mais a été interrompue plusieurs heures durant la nuit. La catastrophe de Fukushima en 2011, puis les attentats de janvier et novembre 2015 s’étaient déroulés sans interruption pendant plusieurs jours.

Hugo : Il y a de moins en moins de publications sur ta vie. Est-ce une volonté de votre part ? Même parmi vos pairs sur les chaînes d’information de tous les temps, il parle de la même chose depuis deux semaines.

Solène L’Hénoret : Ce n’est pas une volonté de notre part. Nos restrictions sont avant tout pratiques ! Par exemple, hier, l’équipe éditoriale de Los Angeles était très occupée à tourner au Texas. Dans une telle situation, l’équipe s’adapte, quitte à être moins présente sur le reste de l’actualité.

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Skepticus : Étant donné que les informations provenant du terrain sont presque entièrement d’origine ukrainienne ou occidentale, n’ayez pas peur d’être manipulé ou de divulguer des informations.

Sandra Favier : Nous nous appuyons certes sur les sources d’information ukrainiennes et occidentales, mais aussi sur les informations de nos journalistes sur le terrain, et nous transmettons également les communications russes avec les précautions d’usage.

Avant de publier une quelconque information, nous nous efforçons de la vérifier afin d’échapper le plus possible à la propagande qui est étroitement liée au contexte de la guerre et qui vient des deux côtés.

Si nous ne pouvons pas le vérifier de manière indépendante, nous le reconnaissons, reconnaissons la source et avertissons que les stratégies de communication en temps de guerre doivent toujours être gardées à l’esprit.

Holywood : Votre politique éditoriale a-t-elle changé concernant la publication d’images choquantes, comme des cadavres ou d’autres atrocités ?

Enora Olivier : La question de montrer ou non des images de morts est en effet une question sensible, et on s’est posé la question, notamment lorsque le massacre de Boutcha a été découvert début avril. Nous avons choisi d’envoyer des photos montrant des cadavres pour ne pas occulter la réalité de la guerre. Les photos ont été choisies avec grand soin, dans le respect de la dignité des personnes.

Le personnel se relaient dans un “monde” vivant.

  • Une quinzaine de rédacteurs 24h/24 et 7j/7 ;
  • 6 rédacteurs adjoints ;
  • 12 relecteurs pour relire le live ainsi que les articles du « Desk » (lire notre article à ce sujet) ;
  • 6 “Home Editors” (HE) pour la mise à jour constante de la page d’accueil du Monde ;
  • Emmenez 3 “éditeurs de médias sociaux” (PME) avec vous Le monde dans les réseaux sociaux ;
  • 2 iconographes pour entrer en contact avec les photographes mobilisés et publier les dernières images du terrain ;
  • 6 journalistes du service Infographie (4 cartographes et 2 chercheurs) pour créer des cartes de situation qui seront postées quotidiennement sur le live stream.

Le monde

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