Les parents attaquent l’État pour avoir remplacé les enseignants absents pour la première fois

Article promis, article dû. Le groupe de parents #Onveutdesprofs, qui menaçait de poursuivre l’État pour les milliers d’heures d’éducation irremplaçable endurées par les élèves, est intervenu. Ce jeudi 22 septembre, ils ont déposé 127 demandes auprès des rectorats de France, demandant à l’État de verser 10 € par cours non dispensé pour les élèves du second degré et 50 € par jour pour les cours non assurés pour les élèves du premier degré.

Par numéros fournis 20 minutesles deux tiers des dossiers de réclamation concernent des établissements d’Ile-de-France, soit 91 dossiers dont une grande partie sont situés à Paris et en Seine-Saint-Denis (respectivement 45 et 27 dossiers). Le reflet d’une mobilisation qui a vu le jour dans ces deux départements et notamment dans le groupe Marie Curie – Gérard Philipe dans le 18e arrondissement de Paris.

291 cours manquent à Montfermeil

En Ile-de-France, le collectif de parents a recensé plus de 6.500 cours manquants pour le seul niveau secondaire, où l’anglais semble particulièrement touché, suivi des cours de musique et d’éducation physique. Le Collège de Montfermeil (Seine-Saint-Denis) se retrouve dans une situation encore plus tendue, puisque les parents mobilisés ont découvert qu’en 2021-2022 la classe en question manquait de 291 heures d’enseignement, soit près du tiers de l’année perdue. (11 semaines sur 36, selon le groupe de parents).

Mais le phénomène touche toute la France. Selon un sondage du premier syndicat de proviseurs, le SNPDEN-Unsa, 62% des collèges et lycées ont déclaré avoir manqué au moins un enseignant entre le 1er et le 8 septembre. Avec des différences notables entre les académies : si 88 % des établissements du conservatoire de Limoges déclarent avoir tous leurs professeurs, ce n’est le cas que de 23 % des établissements du conservatoire de Créteil ou encore 14,6 % à Grenoble.

formulaire en ligne

#Onveutdesprofs revendique également près de 1500 dossiers en cours de création, touchant toute la France. Fort-de-France, Grenoble, Lille, Montpellier… “Une vingtaine d’académies se sont jointes à l’action”, plaide le collectif. Les parents qui souhaitent se joindre à ce processus de masse peuvent remplir un formulaire en ligne.

Le ministre de l’Education nationale a promis en août qu’à la rentrée il y aurait un enseignant “devant chaque classe dans chaque école de France”. Mais localement, la promesse n’est pas tenue malgré l’embauche de 4 500 nouveaux contractuels à la rentrée.

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