Les candidats LR à la présidentielle contre toute alliance avec l’extrême droite

Le député des Alpes-Maritimes Eric Ciotti et le sénateur vendéen Bruno Retailleau, candidats à la présidence du parti Les Républicains, le 5 septembre 2022 au campus des jeunes du parti à Angers.

« L’Union de la droite » : L’expression suscite l’enthousiasme chaque fois qu’elle est évoquée au sein du parti Les Républicains (LR). Ce projet d’alliance, voulu par de nombreuses figures de droite comme le candidat malheureux à la présidentielle Eric Zemmour, a toujours été rejeté par la droite républicaine, du moins au niveau national. La digue construite en France n’est pas encore tombée, malgré la perte inexorable d’espace politique de LR d’une part et la montée en puissance du Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen d’autre part.

Ailleurs en Europe, cependant, la droite classique ne semble pas avoir la même modestie. En Suède à la fin de l’été et très probablement en Italie après les élections législatives du 25 septembre, les formations LR de ces deux pays ont noué des alliances avec l’extrême droite pour s’emparer du pouvoir.

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Une situation qui pourrait trouver un écho en France ? A l’heure où la droite républicaine doit élire un nouveau chef de parti, certains dirigeants craignent en interne que l’un des candidats, le député des Alpes-Maritimes Eric Ciotti, ne se laisse tenter par un tel mariage. Cette hypothèse est même régulièrement évoquée par les détracteurs de cet avocat d’extrême droite. Qui envisagent une explosion du parti si M. Ciotti était élu par les adhérents lors du congrès LR début décembre et qu’une telle union avait lieu. L’élu des Alpes-Maritimes, rappelez-vous, n’a pas déjà annoncé sa préférence pour Eric Zemmour en cas de duel face à Emmanuel Macron ? Ne parle-t-il pas fondamentalement le même langage que les extrémistes de droite lorsqu’il en réclame un “Guantanamo français” ?

“Une très mauvaise facture”

Interrogé, M. Ciotti écarte ces craintes. “Une alliance avec le Congrès du Parti du Reich reviendrait à étouffer la droite, ce qui conduirait à sa disparition”, il dit. A ses yeux, un tel mariage ne périrait même pas “l’alliance politique mais la mainmise d’un parti sur un autre”. « Dire qu’il y a trop d’immigration est incohérent avec Marine Le Pen »Elle veut croire M. Ciotti. “Ou Gérald Darmanin, qui se croit mou, est aussi dans le même cas.”Selon lui.

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Au-delà du simple cas d’Eric Ciotti, il y a en effet de nombreuses similitudes dans les prises de position publiques entre figures de LR et de l’extrême droite sur les questions régaliennes, de sécurité et d’immigration. Concept complotiste du « grand substitut », quotas sur le nombre d’immigrés, lien direct entre délinquance et immigration… Ces questions sont régulièrement reprises ici et là par la droite.

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