“L’erreur détectée et suspectée par le fournisseur de services”

Selon Guillaume Guérin, président de Limoges Métropole, la société Eiffage assumerait l’entière responsabilité du fiasco de la construction de la passerelle de la Bastide. L’autoroute est à nouveau ouverte, mais le pont restera en place tout l’été.

Évidemment, l’affaire est très délicate pour une entreprise de renommée internationale qui a réalisé un chiffre d’affaires de 18,1 milliards en 2019. Tellement sensible que deux jours après l’incident qui a entraîné l’interruption du chantier de la porte de la Bastide, le gérant d’Eiffage Métal France lui-même est venu à Limoges.

Sur les causes de la chute du vérin hydraulique, Thierry Wolkiewiez s’est montré très discret : « En interne, on commence à avoir une bonne idée de ce qui a conduit à cet incident. Nous sommes toujours dans la phase d’enquête et ne voulons pas encore révéler ce qui s’est passé. Mais nous en savons assez pour recommencer.”

Guillaume Guérin, Président de Limoges Métropole, le confirme la responsabilité apparente du prestataire. L’erreur aurait été reconnue et serait désormais reprise par Eiffage.

Plusieurs sources confirment ce qu’aurait pu être le scénario du soir du 21 juin. Les deux ingénieurs chargés du chantier sont partis vers 22h30. Un technicien aurait alors manipulé les commandes et déplacé le pont de manière inappropriée. A ce moment le cylindre serait tombé.

Le service communication d’Eiffage, que nous avons contacté à plusieurs reprises depuis le début de cette semaine, n’a ni démenti ni confirmé ces faits.

L’autoroute A20 a pu rouvrir mercredi 5 juillet 2022 à partir de 18 heures après que le Cerema, l’organisme de référence pour ce type d’infrastructure, a certifié que la passerelle ne risquait pas de s’effondrer.

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Fabienne Balussou, préfète de la Haute-Vienne, précise que le Cerema a travaillé en un temps record : « Il faut deux à trois mois pour avoir un avis. Nous l’avons demandé mercredi soir et ils sont intervenus jeudi après-midi. Il faut ensuite au Cerema entre 24 et 48 heures pour réaliser les analyses après remise des dossiers. Là, ça a pris moins d’une journée.”

Il manquait des pièces à ce dossier pour que les ingénieurs prennent une décision. Il a fallu quelques jours à Eiffage pour les fabriquer. La documentation sur la résistance des pylônes et la résistance au vent d’une structure maintenant penchée à 8% étaient inévitables.

Le site doit le rester tout l’été afin que l’axe structurant de l’A20 ne soit pas à nouveau bloqué. Le maire de Limoges est enthousiaste.

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