Le discours de Macron ? Pour Bompard une “forme de crachat au visage des Français”.

POLITIQUE – La nuit n’a en rien apaisé la colère de l’opposition. Les propos tenus par Emmanuel Macron mercredi à 20 heures sur les résultats des élections législatives sont “une forme de crachat à la face des Français”, s’interroge le député LFI Manuel Bompard ce jeudi 23 juin.

“Le peuple français a envoyé un message extrêmement clair au second tour des élections législatives : nous ne sommes pas d’accord avec ce” projet présidentiel. “Le président de la République devrait dire ce qu’il est prêt à changer”, fustige Manuel Bompard sur RTL.

Tout est surprenant (au mauvais sens du terme) dans cette courte allocution du locataire de l’Élysée : la forme – huit minutes de discours, sans aucune contradiction – comme le fond, qui pointe sans réserve la responsabilité de l’opposition dans la question du président ni l’invocation du premier ministre

“Emmanuel Macron veut changer de méthode – on y voit un bon signe – mais sans changer une virgule de son projet”, regrette Jordan Bardella, numéro 2 du RN. « Il demande à l’opposition de venir le voir si c’est lui qui a été battu aux élections de dimanche dernier. C’est à lui de dire sur quels axes de son programme il est prêt à reculer ou à renoncer pour dégager la voie aux partis d’opposition qui ont fait leur entrée à l’Assemblée nationale », a déclaré l’actuel chef du parti dans un bilan extrême directement à France Inter.

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A droite, le ton est toujours le même : une coalition entre LR et Emmanuel Macron, “ça ne marche pas”, martèle Bruno Retailleau, président du groupe parlementaire LR au Sénat, qui avance deux raisons. La première est que les députés LR “ont été élus pour siéger dans l’opposition”. Deuxièmement : « Pour une coalition, il faut de la cohérence et de la confiance. Mais Emmanuel Macron est l’homme de tous les retournements.” Conclusion, pour LR, “ce sera au cas par cas” à chaque texte.

“Pas d’ultimatum”

A l’issue de l’allocution du Président, de nombreux hommes politiques de l’opposition ont reproché à Emmanuel Macron d’avoir fait pression sur eux et de leur avoir donné 48 heures – jusqu’à son retour de Bruxelles – pour “commencer à construire cette méthode et ce nouveau cadre”.

“Emmanuel Macron n’a fait aucune proposition, il a donné un ultimatum aux groupes d’opposition pour savoir s’ils “acceptent de participer à la mise en œuvre de son projet présidentiel”, a critiqué ce jeudi Manuel Bompard. Il n’est pas le seul à partager cette opinion. D’autres responsables politiques, comme le sénateur socialiste Patrick Kanner, mais aussi nombre d’observateurs ont interprété les propos du président de la République comme tels. A tort, selon le porte-parole du gouvernement.

“Il n’y a pas d’ultimatum ni de question de 48 heures”, souligne Olivia Grégoire sur franceinfo. Avant de proposer une autre interprétation des propos du président : “Ce n’est pas ‘j’attendrai vos copies vendredi soir, oui ou non à tels axes du projet’. C’est “Quand je reviendrai, nous commencerons à construire avec l’opposition pour trouver des voies et moyens”. C’est le début du voyage, ce n’est pas la fin », assure le porte-parole.

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Emmanuel Macron “ouvre les négociations (…) pour plusieurs jours, voire plusieurs semaines”, ajoute-t-elle, laissant entendre que les chefs des partis d’opposition (qu’Elisabeth verra la semaine prochaine) pourraient être de nouveau reçus à l’Élysée. La première de ces réunions n’avait abouti à rien, si ce n’est que la formation d’un gouvernement d’union nationale était exclue.

“Emmanuel Macron ne doute pas que l’opposition aura des commentaires, des critiques et des démentis concernant le projet que nous menons. Il attend de savoir à son retour quelles sont les lignes rouges ou vertes d’opposition à ces textes”, explique Olivia Grégoire. « Ensuite, c’est à nous, la majorité du président, de réagir aux propositions, démentis ou messages des forces politiques. (…) La main est tendue », conclut-elle.

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