Le diocèse de Strasbourg sous l’emprise d’une visite apostolique

Dans un très rare communiqué publié jeudi 23 juin, la Nonciature Apostolique en France annonce que le Diocèse de Strasbourg (Bas-Rhin) fera l’objet d’une Visite Apostolique. Cela a été ordonné par le pape après avoir entendu le dicastère pour les évêques, “pour les informations parvenues au Saint-Siège concernant le gouvernement pastoral de l’archidiocèse de Strasbourg”.

Mgr Stanislas Lalanne, évêque de Pontoise (Val-d’Oise), est chargé du Visiteur apostolique. Il est assisté de Mgr Joël Mercier, Secrétaire émérite du Dicastère pour le Clergé.

Une “décision papale”

Cette visite apostolique, donnée sous un “Décision papale”aura lieu dans le diocèse de Concord à partir du lundi 27. Vous « est l’expression de l’attention portée aux
Le pape François à propos de l’Église particulière de Strasbourg et veut l’aider à remplir sa mission de témoignage du Seigneur ressuscité”, assure le communiqué de la Nonciature apostolique.

L’archevêque de Strasbourg depuis le 18 février 2017 est Monseigneur Luc Ravel, aujourd’hui âgé de 65 ans. Il est assisté de deux évêques auxiliaires, Mgr Christian Kratz et Mgr Gilles Reithinger.

Dans un communiqué publié sur le site du diocèse, Mgr Ravel a assuré qu’il serait le bienvenu “dans la foi et la confiance dans la décision du Saint-Père François”. “A mon avis du moins, il ne fait aucun doute que notre magnifique église d’Alsace s’en sortira paisiblement”, a-t-il ajouté avant d’inviter les gens du diocèse à saluer cette visite « ce « climat de grâce », parfois déconcertant sur le moment, mais toujours salutaire à la longue. »

Caractère direct, voire tranchant

Issu du diocèse des Armées, Mgr Ravel est venu avec un caractère direct, voire affûté à la tête d’un grand diocèse qui compte plus de 500 prêtres, 250 laïcs salariés et 90 diacres. Dans ce diocèse prospère où “ Les prêtres et les aumôniers sont employés dans une forme de confort, certains prêtant une attention particulière aux avantages qu’ils tirent de leur position », raconte un bon connaisseur du diocèse.

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Les Alsaciens n’aiment pas être bousculés en ajoute un autre près du diocèse. Dans ce diocèse, où il n’y a pas de fonds ecclésiastiques, les salaires des prêtres et des ministres sont payés directement par l’État, donnant un certain sentiment d’indépendance vis-à-vis de l’évêque. »

Le diocèse de Strasbourg, comme le diocèse de Metz, n’est pas soumis à la loi de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État. Il relève du Concordat de 1801, selon lequel les ministres des religions catholique, luthérienne, réformée et juive sont rémunérés sur les fonds publics.

Dans ce contexte, l’homélie de la messe chrismale de 2017 prononcée quelques semaines après son arrivée, dans laquelle Mgr Ravel a déclaré : troubles parmi les prêtres et leur a dit qu’ils ne pouvaient pas ne peut pas être un bon pasteur sans un amour passionné pour le Christ était perçu comme insupportable ” : ” Il enseignait dans son presbytère moins de six semaines après son arrivée », souligne l’un d’eux.

Conflit avec l’économe diocésain

Certaines décisions et nominations ont été faites brutalement », explique un autre observateur. Le 3 juin, le Dernières actualités d’Alsace a révélé que le trésorier diocésain Jacques Bourrier avait été brusquement limogé par Mgr Luc Ravel, une décision qui a mis en évidence un certain malaise au sein du diocèse. Considérant qu’il s’agit d’un sanction disciplinaire sévère sans justification », le Trésorier entend également contester la décision de Mgr Ravel devant la justice.

Depuis l’arrivée de Mgr Ravel, il y a une certaine solitude dans l’exercice de sa mission, et un fossé qui se creuse avec son presbytère et ses collaborateurs.assure un ancien employé du diocèse. L’évêque donne l’impression d’être plus à l’écoute des personnes extérieures au diocèse. »

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“Un peu étourdi”

Un sentiment que l’abbé Didier Muntzinger, archiprêtre de la cathédrale de Strasbourg, affirme avoir tort. “un peu étourdi depuis qu’il a appris le début d’une visite apostolique.

Dès que nous pouvons exercer le pouvoir, nous sommes les seuls à décider. Mais il n’est pas vrai que l’évêque Ravel règne seul, il assure. C’est quelqu’un d’absolument accessible et on peut lui dire des choses. »

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