Le « backlash » ou backlash conservateur

histoire d’un terme. Le mot craque comme un coup de fouet. L’annulation de l’arrêt Roe contre. Wade reconnaît le droit à l’avortement par la Cour suprême des États-Unis ? UN revers. Le verdict du procès en diffamation de l’acteur Johnny Depp contre son ex-femme Amber Heard ? revers. La vague de commentaires sexistes et racistes accompagne le début de la série Les anneaux de pouvoir ? La même conclusion est répétée sous la plume des analystes : c’est un revers.

En anglais, le terme est utilisé pour exprimer une conséquence négative ou une réaction hostile – en français, il est également traduit par les non moins colorés “contrecoup”, “retour de bâton” ou encore “ressac”. Alors pourquoi utiliser la version anglaise alors que tant de traductions sont disponibles ? Parce que depuis trente ans revers se réfère en particulier à une réaction violente d’une partie de la société à l’avancement des droits des minorités.

Ce changement de sens a commencé avec sa sortie aux États-Unis d’Amérique revers. La guerre non déclarée contre les femmes américaines, 1991 (publié en français sous le titre revers. La guerre froide contre les femmes, Éditions des femmes, 1993). Avec ce livre, la journaliste et écrivaine américaine Susan Faludi a pour tâche de dénoncer la montée des discours particulièrement nocifs dans les années 1980. Diffusées par les médias, la publicité ou encore la culture pop, elles affirment que les mouvements féministes ont non seulement gagné la lutte pour l’égalité menée depuis les années 1970, mais que leur victoire a laissé les femmes malheureuses, une manière astucieuse de disqualifier leur lutte. Page par page, Susan Faludi multiplie les exemples et tente de montrer comment, sur fond d’avancée de la droite chrétienne dans la société américaine, des acteurs s’organisent pour combattre les avancées féministes – de sorte qu’une régression dans divers aspects de la vie des femmes menace .

lire aussi Article réservé à nos abonnés Attention aux contrecoups après #metoo

Le livre est un jalon et un véritable triomphe outre-Atlantique. ” Avec revers, Susan Faludi pose un mot sur une peur latente du temps ; mais aussi à un phénomène apparemment récurrent : après l’émancipation des femmes, on observe souvent une réaction politique qui se traduit par un déclin des droits et libertés des femmes.explique l’historienne Christine Bard, spécialiste de l’histoire du féminisme et de l’antiféminisme.

Il vous reste encore 53,18% de cet article à lire. Ce qui suit est réservé aux abonnés.

Leave a Comment