La Fédération des Ecoles Immersives Basques occupe l’Inspection Académique de Bayonne

Parents, enseignants et cadres de Seaska devant l'inspection académique de Bayonne, le 17 juin 2022.

Une quarantaine de parents, enseignants et responsables de Seaska, l’association des écoles immersives en langue basque, occupent jour et nuit le bâtiment de l’inspection académique de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) depuis mercredi 15 juin. Au centre de leurs revendications, le droit pour les 250 collégiens de la 3ee et la centaine de diplômés du lycée Bernat-Etxepare de Bayonne à passer tous leurs examens en basque, langue dans laquelle on leur enseigne toutes les matières. Actuellement, les étudiants du collégial sont tenus de rédiger leur copie d’études brevet en français, et pour les diplômés du secondaire, tous les tests sont en français, y compris la majeure orale.

Gazés lacrymogènes par les policiers alors qu’ils bloquaient l’entrée et la sortie de l’Inspection Académique et emprisonnaient temporairement le personnel mercredi, ils ont déployé une banderole géante sur laquelle ils ont revendiqué : “Azterketak euskaraz eta kitto” (“les examens en basque et c’est tout”).

Situations inhabituelles

“Ce que nous demandons, c’est que tous les examens du baccalauréat et du brevet se déroulent à nouveau en basque, comme ils l’étaient avant 2018, avant l’arrivée de Jean-Michel Blanquer au ministère de l’Éducation nationale”, déclare Hur Gorostiaga, Le gérant de Seaska. En effet, depuis l’entrée en fonction de la ministre Rue de Grenelle en 2017, les relations avec les associations régionales de l’enseignement des langues n’ont cessé de se dégrader, débouchant parfois sur des situations grotesques.

Dès lors, si les copies du brevet d’Histoire-Géographie ou de Mathématiques sont rédigées en basque et corrigées par des professeurs bascophones sans que cela pose problème, le Ministère a ordonné à partir de 2018 de faire enregistrer les copies scientifiques basques corrigées basques par des correcteurs… qui il ne parlez pas. “Ça rend les notes complètement imaginatives”explique le directeur de Seaska.

See also  "Il faut sauver ce qui reste, on est là", prévient la Cistude après six ans d'études
A lire aussi : Article réservé à nos abonnés L'”ikastola”, école où l’on grandit en basque

La colère est d’autant plus grande qu’une circulaire du ministère en date du 14 décembre 2021 laissait espérer un changement, puisqu’elle le précisait “Les étudiants qui ont suivi ce cours bilingue peuvent passer des tests de langue régionale pour l’Abitur”. Cela semblait confirmer l’accord triennal signé en 2019 entre l’Office public de la langue basque, le ministère de l’Éducation et Seaska. « À quoi bon signer des contrats si tout est expliqué après ? », proteste Hur Gorostiaga.

Préoccupée par les déclarations de la rectrice de l’académie de Bordeaux, Anne Bisagni-Faure, faites lors d’une visioconférence le 4 février et confirmées le 13 avril qui ont déterminé ce « Seuls les seniors (…) Ceux qui ont choisi d’étudier les langues, littératures et cultures étrangères et régionales peuvent passer une partie de leur examen oral en basque ». Seaska avait déposé le 11 mai une demande d’orientation urgente pour qu’en juin le ministère autorise tous les bacheliers à suivre la majeure orale basque, et pas seulement ceux qui se sont spécialisés dans la spécialité – dix élèves. Une requête a été cassée le 30 mai par le tribunal administratif, qui a conclu que la décision prise par le recteur de Bordeaux en février était devenue définitive le 4 avril faute de recours dans les deux mois.

Il vous reste encore 30,29% de cet article à lire. Ce qui suit est réservé aux abonnés.

Leave a Comment