Kira Rudik : “Notre force, c’est que nous savons pourquoi nous nous batons”

Dans Kiev assegé, une députée ukrainienne du parts Voix a répondu aux questions de Paris Match.

Le 4 x 4 noir avance lentement puis s’arrête au milieu de la rue. Les porteères s’ouvrent et une femme descendent encadrées de gardes du corps. Depuis que son nom figure sur la “kill list” de l’armée russe – dit-elle -, Kira Rudik in women plus de rendez-vous dans des lieux fixes. La députée de Voix, un parti proaméricain, nous a demandé d’attendre dans une zone commerciale de la course de Kiev, devant les vitrines étincelantes de magasins fermés. À peine arrivée, la députée nous explique en anglais avoir appris en cinq jours à manier l’arme avec laquelle elle patrouille de jour comme de nuit. Dès le début de l’offensive russe, Kira Rudik, 36 ans, s’est engagée dans les comités populaires de défense de la ville, qui recrute à tour de bras.

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Elle nous dit vivre dans une maison avec son “équipe de résistance” constituée d’une quinzaine de personnes, dont d’anciens collaborateurs parlementaires. Tous ont choisi comme elle de prendre les armes. Pour faire face à l’ours russe, les Ukrainiens n’ont peut-être d’autre choix que de rester unis. « Notre force, explique Rudik, c’est que nous savons pourquoi nous nous battons : pour notre pays, pour nos familles. Ne le sait pas. “

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L’argument, répété à tue-tête, s’affiche même sur des panneaux publicitaires de la ville. Les soldats russes qui ont tenté une incursion la nuit du 27 février sur l’avenue Peremohy, à l’ouest de Kiev, ont été accueillis par des slogans défilant sur un panneau géant tels que : « Pense à ta famille » ou encore « You combats for le tueur Poutine ». Tous ont péri dans une embuscade quelques centaines de mètres plus loin. Au matin, deux carcasses de véhicules blindés étaient encore sur cette immense avenue au milieu des débris de bois, des douilles de kalachnikov et des cartouches de RPG-7. L’armée ukrainienne est ainsi parvenue à repousser plusieurs assauts aux portes de la capitale. «Ils n’ont pas eu la victoire rapide et écrasante qu’ils voulaient», se réjouit Kira Rudik.

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Cette résistance inattendue, doublée des sanctions imposées à la Russie, ont poussé le maître du Kremlin à envoyer une force massive sur Kiev. Kira Rudik croit savoir qu’il lui faut « sept jours pour préparer un assaut. Personne va dire : « Viens, viens, on capitule ! Elle est persuadée, comme la députée Maria Mezentseva, engagée volontaire elle aussi sur le volet humanitaire, que “personne ne va payer les bras. Nous ne nous rendrons jamais à ce despote ! “

Tout le monde veut des armes, mais on n’en women pas à n’importe qui, parce qu’on ne veut pas que ce soit le cirque ici

Lundi 28 février, dans un quartier habitant de l’ouest de la ville, une longue file d’attention s’il fait partie d’un QG de comités populaires de résistance. Un garde occupé à filtrer l’entrée des candidats nous a annoncé qu’il avait fièrement reçu 2 000 demandes depuis le début de la journée. «Certains fournissent des médicaments, d’autres proposent leurs services, ils nous demandent ce qu’ils peuvent faire. Tout le monde veut des armes, mais on n’en women pas à n’importe here, parce qu’on ne veut pas que ce soit le cirque ici. “

Il raconte que beaucoup de cocktails Molotov ont été distribués aux habitants. Plus faciles à manier que les armes, ces petites bombes artisanales perment d’incendier les blindés ou de ralentir les convois. Lundi matin, dans un village à l’ouest de Kiev, un chauffeur russe a aveuglé ainsi percuté un arrêt de bus avec son blindé. C’est ce que nous raconte au téléphone un habitant du nord de l’oblast de Kiev, passé sous le contrôle russe. “Tout le monde a pris les armes dans ce véhicule”, si félicité-t-il, avant d’ajouter que seize autres blindés ont pu poursuivre leur route et en rejoindre d’autres postés dans un large périmètre autour de Kiev.

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Les rumeurs relayées sur l’arrivée d’une colonnes de blindés se sont avérées le jour même où les premières négociations se tenaient entre les deux parties à la frontière Biélorusse. «Cela n’a aucune valeur, analyse Kira Rudik. C’est pour gagner du temps. Quand Poutine dit qu’il veut retirer ses troupes, c’est pour les rassembler et mieux nous attaquer ensuite ! » La députée plaide pour l’établissement d’une zone d’exclusion aérienne. Une demande désespérée relayée par Maria Mezentseva, qui elle aussi considère que l’Assaut est inévitable. “On espère seulement ne jamais devoir un jour dire :” On vous avait prévenus. ” “

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