Juges, avocats et fonctionnaires ont manifesté contre la “justice bon marché”

Un président de la cour d'appel (centre) et des magistrats lors d'un rassemblement de la magistrature réclamant plus de moyens au palais de justice des Batignolles à Paris le 22 novembre 2022.

Le compte n’est pas encore disponible pour les juges, les greffiers et les avocats. Un an après sa parution, dans les colonnes de Mondede la galerie de 3 000 juges et d’une centaine de fonctionnaires qui “Justice à prix réduit”, un jour de “Mobilisation générale” était organisée par dix-neuf syndicats ou associations professionnelles le mardi 22 novembre. A Paris, rendez-vous a été pris devant le tribunal à midi, où logeaient environ 200 personnes.

Pour le personnel mobilisé, trop peu de choses ont changé en douze mois. Et ce malgré le fait que le budget sera augmenté pour la troisième fois consécutive et que le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti a annoncé, entre autres, que 1 500 juges et 1 500 fonctionnaires seront recrutés sur le quinquennat.

“Un an après la tribune, la justice n’est toujours pas réparée, les chiffres ne sont pas bons”avance Ludovic Friat, le tout nouveau président de l’Union des magistrats, une organisation majoritaire qui se présente comme apolitique. Nous tenons compte des progrès réalisés et du fait que les politiciens se sont emparés de la question. Mais nous ne voyons aucune amélioration devant les tribunaux., précise-t-il.

“Malaise général”

A ses yeux, derrière l’augmentation du budget et les nouvelles embauches se cache une volonté de faire des profits de la part de la chancellerie “Productivité”. “On ne veut plus un tas de réformes sans les moyens de le faire”ajoute-t-il en se référant à un “malaise général” et un tas de “Burnout” en hausse.

Ses collègues du Syndicat de la Magistrature (SM, Gauche) veulent aussi mettre en garde contre cette « Des fonds insuffisants, malgré les annonces ». Son président, Kim Reuflet, mentionne que “Abîme” entre les attitudes annoncées par M. Dupond-Moretti et la réalité des besoins : « Les chefs de l’appareil judiciaire avaient estimé qu’il manquait 5 000 juges. C’est à côté”devant Mmoi réflexion

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Comme Herr Friat, elle regrette que “des conditions de travail très difficiles”elle « Les audiences se terminent à 2 heures du matin. [et] apparitions en chaîne instantanées ». Des difficultés qui, selon eux, ont de lourdes conséquences, notamment en droit civil. « Nous sommes surchargés de dossiers et devons être mobilisés immédiatement. Résultat : Il faut faire des sacrifices, notamment devant les tribunaux de la famille et du travail. »

Les avocats regrettent également le manque de moyens humains, notamment pour le conseil des prud’hommes. « Nous passons notre temps à faire l’intervention. Nous avons besoin de plus de juges et de plus de greffiers. Les délais s’allongent”observé Me Savine Bernard, du Syndicat des Avocats de France.

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