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“Ferreri illustre la cruauté inhérente à l’individu” – Le Comptoir

Gabriela Trujillo est historienne du cinéma et essayiste. Actuellement directeur de la Cinémathèque de Grenoble, il a dédié un livre au réalisateur italien Marco Ferreri : « Marco Ferreri, le cinéma ne sert à rien » (édition Capricci, 2020). L’occasion de retrouver le chemin du cinéaste sulfureux et caché (ses 35 films sont difficiles à voir) qui a côtoyé tous les abcès de son époque – sociaux, politiques, religieux ou artistiques – pour les faire éclater de rire avec un accent du bout du monde. Une œuvre chargée de fiction déformée et cruelle qui attire logiquement la colère des autorités conservatrices, ainsi que les hurlements d’un public en colère prétendant trouver que la vie, en somme, n’est qu’une blague grotesque et absurde.

Le Comptoir : L’un des événements marquants de la carrière de Marco Ferreri (1928-1997) a été sa rencontre avec l’écrivain espagnol Rafael Azcona dans les années 50. Est-ce lui qui l’a poussé au ton ouvertement satirique ? Comment le public et les autorités espagnols ont-ils réagi aux deux films qu’ils ont réalisés ensemble ?

Édition Capricci, 168 p., 18 euros

Gabriela Trujillo : Lorsque Marco Ferreri est arrivé à Madrid, Rafael Azcona était déjà un journaliste satirique établi dans l’équipe Caille, une revue qui se démarque par un ton irrévérencieux, toujours à la limite de l’anti-franquisme. Azcona a publié une histoire, un roman, que Ferreri voulait vraiment faire comme une adaptation. Les deux se rencontrent alors, Ferreri contemplant un film dont le réalisateur et l’argent manquent. Azcona, voyant que Ferreri est un producteur en faillite, lui propose de devenir le directeur du projet, d’appeler un vrai producteur qui saura gagner de l’argent.

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