Enquêteur fiscal tué par un brocanteur : “En route vers un acte prémédité”

L’enquête, menée par le service de recherche de la gendarmerie des Hauts-de-France, est ouverte aux responsables des assassinats et des enlèvements. Selon les procureurs, le ferrailleur de 46 ans a kidnappé les deux agents, puis tué l’inspecteur puis s’est suicidé dans une dépendance de sa propriété avec une arme “pointée sur la poitrine”. Un pistolet Luger a été retrouvé à côté de son corps.

L’agent des impôts de 43 ans est décédé “de multiples coups de couteau dans le dos et la poitrine”, a précisé Sylvain Barbier Sainte Marie. “Il a également montré des signes d’autodéfense. Son collègue de 39 ans est en état de choc mental. “Vous serez interrogé”, a déclaré le procureur. La ministre des Finances, Gabriel Attal, a précisé à midi qu’elle avait “été témoin du meurtre de son collègue”.

“C’est dégénéré”

Selon les procureurs, l’accusé n’a pas laissé de message pour expliquer ses actes. Les deux agents se sont rendus à son domicile de Bullecourt vers 14 heures dans le cadre d’un “examen de la situation fiscale de sa société” entamé en mai 2022, a expliqué Sylvain Barbier Sainte Marie. La première partie s’est plutôt bien passée, “et puis ça a dérapé”.

Selon les premières conclusions de l’enquête, le ferrailleur a appelé son ex-femme vers 16 heures et lui a demandé de venir. Arrivé vers 18 heures, il a vu l’inspecteur “attaché à une chaise” et a prévenu les gendarmes “immédiatement”. Les deux hommes étaient déjà morts à leur arrivée.

“Apprenez des leçons”

L’accès au domicile de l’entrepreneur, dans une ancienne ferme en briques rouges délabrée du village de Bullecourt, a été bloqué mardi par des gendarmes qui y menaient des enquêtes. La victime est décrite par ses collègues comme une « figure apaisante, solidaire, un vrai chef d’équipe », a précisé le ministre. Selon Bercy, il accompagnait son collègue pour des raisons de sécurité.

Attal évoque des “contrôles préalables” par ce ferrailleur où “des situations de tension ont pu exister”. Cet homme, divorcé et père de deux enfants, un garçon d’environ 13 ans et une fille “plus jeune”, “est arrivé dans la ville il y a environ sept ans”, selon Éric Bianchin, maire de cette commune de 250 habitants au sud d’Arras. Il “nettoyait les maisons” et organisait des ventes à son domicile par l’intermédiaire de sa société, Speed ​​Débarras. “Nous n’avons eu aucun problème avec cette personne”, a-t-il ajouté, faisant référence à “un coup de poing insensé”.

Selon le procureur de la République, l’entrepreneur avait suivi en 2019 un cours sur la prévention de la violence après des violences sur mineurs. Si l’enquête confirme qu’il est “bien à l’origine des faits”, “nous travaillerons à un arrêt de la plainte publique”, a précisé le procureur. Dans un communiqué, le syndicat FO-DGFiP a appelé “aux leçons à tirer de ce drame afin de renforcer concrètement la protection du personnel”.

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