En cas de coupure cet hiver, il sera impossible de joindre les secours

Baptiste Morin édité par Romain Rouillard
modifié en

12 h 20, le 24 novembre 2022

C’est une situation inédite et plutôt inquiétante à laquelle la France pourrait être confrontée cet hiver. Alors que le gestionnaire du réseau électrique de RTE prévenait des délestages et pannes imminentes en janvier, Europe 1 vous indique ce mercredi que les services d’urgence ne seront pas maintenus. En cas de panne, les pompiers, le Samu ou la police ne sont plus joignables.

Dans la mémoire des employés de Telekom, le sujet n’a jamais été aussi sensible. Pour fonctionner, les 60 000 antennes relais réparties sur tout le territoire ont besoin d’électricité et si certaines sont équipées de batteries de secours, leur autonomie ne dépasse pas une demi-heure, alors que le délestage pourrait durer deux heures. Afin d’assurer le fonctionnement autonome de chaque antenne pendant ce temps, il faudrait installer une tonne de matériel par pied. Logistique impossible.

Exploitant alerté en février 2022

Lors des délestages, RTE dispose de la puissance que le réseau ne peut plus absorber. Enedis est alors chargée de lutter spécifiquement contre les coupures d’électricité dans les zones d’environ 100 000 habitants. Dans ce cas, les antennes relais peuvent en payer le prix. “Dans certains cas, on peut constater des pannes de communication dans certaines zones géographiques”, reconnaît Sébastien Sarrazin, patron de l’agence régionale de conduite Enedis en Centre-Val-de-Loire. D’autant plus que les antennes ne se reconnectent pas automatiquement. Dans au moins un cas sur deux, leur redémarrage nécessite une intervention humaine.

C’est pourquoi les opérateurs pressent depuis des mois les services de l’Etat pour que les antennes relais soient déclarées sites prioritaires. Les professionnels du secteur tirent la sonnette d’alarme depuis février 2022, mais l’exécutif semble avoir tardé à agir et à se saisir de la question. A ce jour, il n’a pas encore accepté de protéger le réseau téléphonique. Cependant, il faut noter que ceux-ci sont répartis de manière diffuse sur le territoire, ce qui complique la situation. Les discussions en cours visent à obtenir le 112, le seul numéro d’urgence compatible avec toutes les antennes de tous les opérateurs.

Les préfets pouvaient agir à la demande de l’Etat

La liste des sites prioritaires est réglementée par un règlement du 5 juillet 1990. Cela comprend les hôpitaux, les prisons, l’éclairage public et même les sites militaires. Le réseau téléphonique n’est pas inclus. Pourtant, depuis 32 ans, le téléphone portable est devenu le premier moyen pour les Français de contacter les services d’urgence.

Toutefois, les préfets peuvent ajouter des sites à la liste, mais ne doivent pas dépasser le seuil d’énergie non dissipée, en l’occurrence 38 % de l’énergie électrique du département. Un seuil régulièrement atteint. D’éventuelles pannes d’électricité en hiver pourraient donc avoir de graves conséquences.

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