EDF : l’Etat confirme la nationalisation à 100%

Publié le 6 juillet 2022 à 17h59Mis à jour le 6 juillet 2022 à 20h40

EDF sera bientôt détenue à 100 % par l’État. Elisabeth Borne a confirmé les projets esquissés par Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle et a réitéré mercredi devant le Parlement “l’intention de l’Etat de détenir 100% du capital d’EDF”.

Le nucléaire est « une énergie décarbonée souveraine et compétitive. La transition énergétique passe par le nucléaire”, a-t-elle dit, ajoutant que l’Etat “devrait avoir un contrôle total sur la production d’électricité et sa production”. C’est alors que la moitié des réacteurs d’EDF sont toujours à l’arrêt, en grande partie à cause de problèmes de corrosion dans le parc.

“Indispensable” pour l’avenir

“Ce développement permettra à EDF de renforcer sa capacité à livrer au plus vite des projets ambitieux et essentiels pour notre avenir énergétique”, a déclaré Elisabeth Borne. Autrement dit, financer la construction des nouveaux réacteurs nucléaires que veut Emmanuel Macron.

En difficulté financière, EDF, déjà détenue à 84 % par l’État, n’est plus en mesure de mettre en œuvre seule le plan de renouvellement du parc nucléaire annoncé par Emmanuel Macron en début d’année. Pour mettre en place les six EPR au moins visés par l’exécutif, un budget d’environ 60 milliards d’euros pourrait s’avérer nécessaire, un montant proche de la dette nette d’EDF attendue en fin d’année !

« Par cette décision, nous donnons à EDF les moyens d’un programme ambitieux de production d’électricité bas carbone, notamment dans le nucléaire », affirme Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique en charge de ce dossier.

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Ce retour en Bourse à 100% d’EDF marquerait la fin d’une aventure boursière très infructueuse débutée en 2005. Introduit à 32 euros, le cours de l’action de l’énergéticien a clôturé à 7,8 euros mardi. Porté par cette annonce, il a toutefois augmenté de près de 15 % ce mercredi à Paris.

Une telle sortie de la bourse coûterait au secteur public entre 5 et 7 milliards d’euros, selon la prime accordée aux actionnaires. Une telle manœuvre permettrait à l’exécutif d’avoir les mains libres pour négocier avec Bruxelles une réforme des tarifs de vente du nucléaire ou même une augmentation exceptionnelle des quotas d’énergie nucléaire vendus dans le cadre du mécanisme d’Arenh pour contenir l’épidémie.

La question de la note

L’opération rassurerait également les investisseurs inquiets du danger qui pèse sur le groupe de dégradations des agences de notation. Toutefois, dans une note à ce sujet, S&P Global prévient : « Une nationalisation sans nouvelles mesures supplémentaires n’entraînerait pas une révision à la hausse de la note de crédit du groupe EDF. Un renforcement de notre critère de soutien public implique un changement radical pour EDF, notamment une évolution des règles de concurrence au niveau européen ».

La nationalisation seule ne guérirait donc pas les plaies d’EDF. Le gouvernement doit reprendre les discussions avec Bruxelles sur la régulation de l’énergie nucléaire et surtout les mener à bien. Il doit également investir massivement dans l’entreprise. En cas d’accord, le risque existe que les projets de séparation des activités de production et de commercialisation d’électricité au sein d’EDF et les craintes de dissolution du groupe à l’origine de l’échec du projet Hercule resurgissent.

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Les syndicats s’y préparent. « Si l’État veut détenir 100 % d’EDF, il doit ouvrir la voie à la fragmentation de l’entreprise. On détourne l’attention du Parlement en parlant de souveraineté quand il s’agit de la première phase de dissolution du groupe”, déplore Fabrice Coudour à la CGT d’EDF.

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