Echange gagnant-gagnant entre céréaliculteurs et éleveurs

La diversification des plantes cultivées nécessite la recherche de nouveaux débouchés. Les éleveurs à la recherche d’aliments protéinés locaux moins chers et de meilleure qualité peuvent représenter un marché local, notamment sur le principe de l’échange.

A l’est de la Vendée veulent des fermes céréalières diversifier leur rotation de cultures pour résoudre les problèmes agronomiques (économie d’intrants, désherbage) et les polycultivateurs inquiétés Renforcer l’approvisionnement local au nourrir son troupeausurtout à protéine. « Du fait de l’expansion des fermes, les voisins ne se connaissent pas toujours, observe Jérémy Berthomier, conseiller à la Geda de Pouzauges, qui compte 120 adhérents. Nous sommes régulièrement contactés par des agriculteurs à la recherche de partenaires pour mettre en place des échanges locaux. »

En 2018, Geda a donc organisé une journée sur le thème des complémentarités avec une quinzaine de participants. Les exploitations ont été positionnées sur une carte et chacune a exprimé ses besoins et ses offres. Des réunions de fin de terrain ont également été organisées avec des agriculteurs pratiquant l’échange. C’est ainsi que de nouvelles initiatives ont émergé. Ils représentent l’une des 25 études de cas qui se poursuivent en Europe dans le cadre du projet DiverIMPACTS dans le but de financer diversification des cultures.

Paiement, purin ou division du travail

En plus du traditionnel échanger de la paille contre les effluents d’élevage, le consultant observe trois principaux types de coopération. Le premier est l’introduction de sélectionneurs de céréales Couverts aux légumineuses (souvent par obligation officielle). Ces couverts sont appréciés des producteurs en ensilage ou conditionnement. “Le service du céréaliculteur peut être assuré contre rémunération ou pour la livraison de matière organique”, précise Jérémy Berthomier. Parfois, le producteur paie la semence pour la couverture, ou les tâches de plantation et de récolte sont partagées. Tout dépend de la relation qui se noue entre les agriculteurs. Le facteur humain est une priorité pour la réussite de l’échange, qui doit être une situation gagnant-gagnant pour les deux parties. »

See also  Le breakdancer guyanais Dany Dann en route pour le mont Olympe

Le deuxième cas est l’introduction d’une culture principale par le céréaliculteur protéine végétale (haricots, pois, lupins) vendus à la tige pour être récoltés par le producteur à des fins fourragères uniquement. En effet, la vente directe de la récolte céréalière par le céréaliculteur est interdite en raison de l’obligation de percevoir une taxe par l’intermédiaire d’un organisme agréé. Là aussi, une contrepartie dans les eaux usées animales ou une division du travail peut se produire Partenariat.

“Ils n’aiment pas vraiment les contrats”

Troisième cas : implanter des céréaliers luzerne pendant trois ans pour augmenter leur rotation, et notamment dans le but de nettoyer des parcelles en situation de désherbage. “Dans certains cas, ils ont des contrats de production de semences, sachant que la première coupe peut servir de fourrage”, explique Jérémy Berthomier. En l’absence de contrat, ils proposent des ventes en direct aux éleveurs. L’avantage pour eux est que cette culture est libre de travail pendant trois ans après l’implantation. »

Dans le cadre du groupe de discussion mis en place par Geda contrats types sont conçus pour aider les agriculteurs à concevoir leurs transactions. “On a trouvé qu’ils n’aimaient pas trop ça”, avoue Jérémy Berthomier. ils préfèrent travailler sur la confiance et qu’avec le temps une relation se noue, ce qui n’est pas toujours facile. Les éleveurs notamment sont plus réticents car ils doivent changer leurs habitudes, ajuster leur ration et cela fait peser un plus grand risque sur leur productivité. Cependant, le contexte actuel peut changer en raison des inquiétudes concernant la dépendance vis-à-vis des matières premières éloignées et l’évolution de leurs prix. »

See also  Un TGV Paris-Berlin est prévu pour fin 2023

Dans certains partenariats, le consultant du groupe est intervenu pour réaliser le diagnostic et le trouver levier d’amélioration : conduite des cultures, choix des types de fourrages, etc. Un outil d’analyse de la qualité des fourrages par mesure du spectre infrarouge est également à l’étude.

Geek Les Rocailles
Le personnel du Gaec Les Rocailles à Montsireigne en Vendée cultive le méteil, riche en légumineuses, pour un viticulteur voisin. (©Jérémy Berthomier)

Leave a Comment