Dürre : Nous avons passé une journée avec la police de l’environnement, qui traque les infractions

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Alors que de nombreux départements sont touchés par la sécheresse, les préfectures durcissent les règles d’utilisation de l’eau. Dans le Lot, depuis le 27 juillet, les particuliers n’ont plus le droit de pomper l’eau des ruisseaux pour irriguer leurs cultures. La police de l’environnement assure les contrôles.

A Bondoire, à Saint-Vincent-Rive-d’Olt, au coeur du Lot, Sandrine est prête à dessiner, appareil photo au poing. Avec deux de ses collègues, elle traque les systèmes d’irrigation, mais surtout leur source. Tous trois forment la police dite de l’environnement, également connue sous le nom de police de l’eau. Ces agents de l’Office français de la biodiversité (OFB) sont chargés de vérifier que les cours d’eau, déjà fragilisés par la sécheresse, ne sont pas pompés par les riverains.

suivre les infractions

“Arrête là, il y a un système d’arrosage, je vais voir s’ils pompent dans le ruisseau en bas”, ordonne Sandrine devant la camionnette. Fausse alerte, les plantes sont arrosées à l’aide de canalisations, les usagers – les particuliers – ont leurs droits. “Ça doit provenir du plan d’eau qui est juste au-dessus comme on peut le voir sur la carte IGPN”, explique Vincent.

Pour la police de l’environnement de Cahors, il est 9h et la visite commence avec le soleil déjà brûlant. Tout au long de la matinée, ces agents sillonnent les routes sinueuses du département pour vérifier que les habitants respectent les règles édictées pour économiser l’eau, devenue une denrée précieuse. A côté du babillard de la mairie, Bénédicte a affiché le nouvel arrêté de la préfecture pour informer la population. “Actuellement il y en a un chaque semaine”, explique l’employé de la mairie. Par exemple, depuis le 28 juillet, les habitants du Lot n’ont plus le droit d’utiliser l’eau des affluents pour irriguer leurs champs.

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Afin d’optimiser l’efficacité de leur travail, la police de l’eau tente de “peupler les rivières à problèmes de biodiversité avec des espèces protégées”, explique Vincent et nous montre les écrevisses devenues rares. Sur une passerelle qui traverse la Lissourgues, Stéphane nous montre le compteur appelé “Onde” (Observatoire National des Basses Eaux), qui peut être d’une grande aide pour les professionnels. “Nous l’enregistrons tous les mois, ce qui nous donne un aperçu du débit d’une rivière. Si nous voyons une chute rapide, cela signifie que quelqu’un pompe, nous devons donc trouver le coupable.”

Des amendes élevées pour les escrocs

Pour ceux qui enfreignent les règles et sont pris en flagrant délit, l’amende peut être lourde, disent les responsables à côté d’un champ de maïs dont le propriétaire avait reçu un avertissement verbal deux ans plus tôt. « Pour une personne seule c’est 1500 euros. Pour un pro qui ne joue pas au jeu, ce montant est multiplié par cinq.

Si la police de l’eau effectue les contrôles, ce n’est pas elle qui signale les infractions. Un rapport est transmis au procureur qui prend la décision la plus appropriée. Mobile en main, Sandrine nous montre son application « Banking », dans laquelle elle rentre les espèces observées dans les rivières. Le parquet prend sa décision en fonction “dans quel cours d’eau l’individu s’est déplacé et donc de la faune qu’il a mise en danger”.

Dans un autre champ, Sandrine est satisfaite, l’agriculteur qui vient d’être contrôlé va bien contrairement à l’an dernier : « Il avait l’habitude de tout pomper dans le ruisseau pour irriguer son champ, alors on l’a rappelé. Ce n’est plus le cas, ça veut dire que notre travail est utile et que les gens le comprennent », explique la jeune femme.

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Zone vérifiée l'année dernière maintenant OK / DDM MM

Zone vérifiée l’année dernière maintenant OK / DDM MM

Même si les inspections sont au cœur de la mission de la police de l’environnement, les trois professionnels sont bel et bien engagés dans la prévention au profit de la préservation de notre biodiversité. « C’est notre façon de travailler pour le bien commun », conclut Sandrine.

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