Des vestiges “extraordinaires” mis au jour dans le lit de la Loire

Des épaves et des pêcheries dans un état de conservation « exemplaire ». Ce sont ces vestiges récemment fouillés sur les bords sableux de la Loire près d’Ancenis (Loire-Atlantique) et qui font le bonheur des archéologues de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap). Inondées par les eaux la majeure partie de l’année, l’île de Coton et l’île de Poulas sont en effet devenues le théâtre de nouvelles découvertes. A proximité de la première, une dizaine d’épaves des XVIIe et XVIIIe siècles viennent d’être exhumées. Fait rare et remarquable, ces bateaux, qui présentent des signes d’usure, ont été délibérément remplis de pierres et installés latéralement pour créer deux remblais rocheux de plus de 40 mètres de long.

“La première hypothèse est qu’il s’agissait de digues pour protéger la pointe de Cotton Island”, explique Anne Hoyau-Berry, archéologue. “Mais la découverte d’un troisième enrochement vertical nous amène à aménager un port ou à vouloir apporter de l’eau à cet endroit même.” transportait du sel ou du vin.

Des fouilles sont en cours dans le lit de la Loire
Des fouilles sont en cours dans le lit de la Loire – S. Salom Gomis

Ils mesurent environ 14 mètres de long et sont enlevés pierre par pierre par les archéologues au travail, qui doivent à la fois pomper l’eau qui monte du sol et arroser le bois pour éviter qu’il ne se décompose en séchant. “C’est un travail exigeant physiquement et minutieux”, admet l’archéologue. Mais la sécheresse de l’été nous a permis de travailler dans de bonnes conditions.” Et c’est désormais une “course contre la montre avant que l’eau ne revienne” qui affronte les scientifiques, commente Denis Fillon, délégué de la direction Inrap Pays-de-la-Ville. -Loire et directeur scientifique des sites. Les travaux s’achèveront en octobre avec l’arrivée des crues.

La pêche au 12ème siècle

En amont, sur l’île de Poulas, trois pêcheries fixes du XIIe siècle faites de pierres et de perches en bois ont été découvertes. Disposées en « W », elles servaient à attraper les poissons remontant (saumon) ou avalant (anguille). Ils appartenaient aux seigneurs et au clergé locaux et permettaient d’observer les quelque 150 “jours maigres” par an prescrits par l’église à l’époque. Des traces de bateaux-moulins ont également été mises au jour, signe de la densité de l’activité fluviale.

Mobilisant 33 scientifiques pour un budget de 1,6 million d’euros, ces chantiers archéologiques s’inscrivent dans un vaste programme de restauration de l’équilibre du lit de la Loire mené par Voies navigables de France (VNF) entre Les Ponts-de-Ce et Nantes Les travaux devraient commencer l’année prochaine.

Leave a Comment