Des associations tirent la sonnette d’alarme pour les “plus pauvres parmi les pauvres”

Restos du cœur, social food, soupes populaires… A l’heure où s’ouvre la 38e campagne de l’association fondée par Coluche, le monde caritatif est le dernier bastion des « plus pauvres parmi les pauvres » qui subissent de plein fouet l’inflation. et l’insécurité alimentaire. Les associations arrivent toutes à la même conclusion. À mesure que les prix augmentent, le nombre de bénéficiaires de l’aide alimentaire augmente et la pauvreté explose.

Depuis avril, le nombre de bénéficiaires des Restos, qui ont lancé mardi leur 38e campagne nationale, a bondi de 12% et leurs difficultés se sont accrues puisque 60% (contre 50% un an plus tôt) sont dans des “circonstances extrêmes”. en situation de pauvreté”, c’est-à-dire avec moins de la moitié du seuil de pauvreté (551 euros par mois). La responsable du réseau, Laurence Champier, amèrement fermement.

Un troisième se couche « affamé ».

Au total, 3,2 à 3,5 millions de personnes en France profitent de l’aide alimentaire apportée par des associations – que ce soit via la distribution de colis, de repas chauds ou d’épiceries solidaires – selon une étude de l’Insee publiée mardi. Ces bénéficiaires font partie des « plus pauvres parmi les pauvres » et sont souvent contraints de se priver pour mieux nourrir leurs enfants.

Selon l’Institut d’études statistiques, leur niveau de vie moyen n’est que de 637 euros par mois et donc bien en deçà des 877 euros que reçoivent en moyenne tous les ménages en dessous du seuil de pauvreté. Près d’un tiers (32%) des allocataires “déclarent qu’ils se couchent souvent ou parfois le ventre vide” et les deux tiers de ceux qui ont des enfants déclarent que les adultes de leur famille doivent “souvent ou parfois” réduire leur part en faveur des enfants .

10 millions pour les étudiants

« Nous sommes dans une situation où la précarité augmente dans notre pays, notamment l’insécurité alimentaire », a ajouté le ministre des Solidarités, arrivé mardi pour soutenir les bénévoles des « Restos » dans un centre de distribution à Asnières, près de Paris. Face à l’inflation et à la hausse des loyers ou des prix de l’énergie, les plus démunis seraient amenés à “l’arbitrage” dans leur foyer, a-t-il souligné.

“On fait le choix d’arrêter de manger de la viande ou du poisson, puis on saute des repas”, a relevé le ministre, avant de saluer les mesures prises par le Bouclier douanier de l’énergie et d’annoncer un montant extraordinaire de 10 millions d’euros pour l’aide alimentaire aux étudiants en difficulté. Un montant que l’on peut cependant craindre n’est “pas suffisant”, a commenté sur France Inter le président des Restos du coeur Patrice Douret.

Les dons, trois quarts des besoins de l’association

Pour répondre aux besoins croissants des plus démunis – qui n’ont parfois même pas assez d’essence pour récupérer leurs colis alimentaires – les associations doivent faire face elles-mêmes à la hausse des coûts, faisant craindre un “effet ciseau”. Pour autant, les Restos du cœur n’envisagent pas de réduire les aides à leurs 1,1 million de bénéficiaires et font donc plus que jamais appel aux dons des Français, qui contribuent aux trois quarts des besoins de l’association.

“Pourtant, nous avons beaucoup de donateurs modestes”, souligne Patrice Douret, qui, dans ce contexte difficile, se demande “jusqu’à quand ils pourront continuer à donner”. Une inquiétude partagée par Laurence Champier des Banques Alimentaires, qui dévoilera au public le week-end prochain sa grande “collecte nationale” : en faisant don d’un paquet de pâtes ou d’un pot de fèves à la sortie de son supermarché, les particuliers peuvent apporter 10 % des besoins annuels du réseau, explique-t-elle. “Chaque geste compte”, conclut Laurence Champier.

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