De nombreux catholiques belges demandent au Vatican de permettre aux femmes de devenir prêtres

En octobre 2021, le pape François a lancé une démarche inédite dans le monde catholique intitulée « Synode sur la synodalité ». Derrière ce jargon se cache une longue délibération, ou plutôt une longue discussion, pour que les catholiques de tous âges et de tous horizons puissent échanger sur le fonctionnement de l’Église et son avenir.

Comme dans tous les pays, ce synode a été organisé en Belgique. Depuis octobre, les congrégations ont réuni des groupes pour discuter de nombreuses questions (“Vous sentez-vous entendu dans l’église ?” “Comment pensez-vous que l’église devrait témoigner de l’évangile ?” “Pensez-vous que l’église encourage le dialogue ?” .). Chaque diocèse de Belgique a ensuite rédigé un résumé avant qu’un résumé national de huit pages (publié le 6 juillet et rédigé par une petite équipe déléguée par les évêques) ne soit envoyé à Rome. Ce document national fera l’objet d’une réflexion continentale puis mondiale au Vatican en octobre 2023. Cela pourrait conduire à une nouvelle façon de prendre des décisions dans l’église et à une plus grande implication des laïcs dans celle-ci.

En Belgique, cette approche a un “enthousiasme modéré», notent plusieurs observateurs. L’Église estime qu’entre 2 000 et 4 000 personnes par diocèse y ont participé. Ce 6 juillet est pourtant un thermomètre intéressant.

Reconnectez-vous au monde

On y retrouve les traces des multiples sensibilités qui composent l’Église. Par conséquent, pour de nombreux croyants, l’Église estdotées de structures cléricales et trop hiérarchisées. Elle est perçue comme moralisante, formaliste, irréaliste et intrusive“Pour d’autres c’est l’inverse”trop timide“.

Beaucoup s’inquiètent de la baisse du nombre de croyants et de volontaires, du retrait de certaines communautés. “Cependant, ces diverses préoccupations n’empêchent pas les gens d’exprimer leur amour sincère pour l’Église..”

See also  Disparition de Natacha : du sang où elle aurait fêté

L’église est également décrite par de nombreux participants au synode comme “étranger au monde”ne pas l’atteindre : “sa position sur les questions éthiques et l’égalité femmes-hommes est régulièrement débattue” et semble peu comprise par les croyants.

De nombreuses familles signalent également qu’elles ne comprennent pas la messe et s’y ennuient. […] Les familles ne se sentent pas toujours les bienvenues et veulent que leurs enfants aient un endroit où ils puissent vraiment participer.“Au total,”Il y a un vrai désir de liturgies adaptées, vivantes, accueillantes, mieux préparées et mieux gouvernées, où chacun trouve sa place et se préoccupe“…

Beaucoup de catholiques rêvent d’un « Église qui rencontre les gens dans la vie de tous les jours », et que chacun bénéficie d’un accueil chaleureux et personnalisé. En ce sens, si les participants se disent convaincus que l’Église a encore quelque chose à dire au monde, ils encouragent “Toutes les initiatives visent à plus de fraternité” être prises, ainsi que la promotion d’une plus grande implication des catholiques dans les médias et la société civile par l’utilisation “un langage renouvelé et contemporain qui abandonne les expressions culpabilisantes et moralisatrices”.

Plus d’espace pour les femmes

Dans ses conclusions, le document met en lumière plusieurs points. “L’appel le plus important concerne les conditions du service. Des revendications fusent de toutes parts pour ouvrir le ministère ordonné (surtout le sacerdoce) aux femmes et aux personnes mariées.” De même, “La demande d’ordination des hommes mariés nécessite une approche positive à court terme. Un sentiment d’injustice est également souligné par rapport à la place des femmes dans l’Église. Les raisons de ne pas admettre les femmes au ministère ne suffisent pas à beaucoup de croyants, de plus, elles semblent bien éloignées de la réalité. Beaucoup de croyants plus âgés sont offensés par cela. C’est encore pire pour les jeunes générations : l’inégalité de traitement des femmes est la principale raison pour laquelle beaucoup ignorent l’église. Le ressentiment se transforme alors en indifférence“.

See also  à l'assemblée, Sébastien Peytavie, député européen handicapé, devait siéger à côté des… ministres

Malgré tout, les jeunes qui ont participé au Synode semblent attendre une Église qui “Ecoutez“et n’hésitez pas à les offrir”de vrais témoins de la foi pour mieux comprendre l’histoire chrétienne“.

Enfin, l’église se termine par un mea culpa et un défi. “Nous ne parvenons pas à donner à ceux qui ne partagent pas la foi chrétienne un témoignage inspirant de ce qui nous motive. […] Pourtant, les gens se tournent vers (nous) pour célébrer les moments importants de la vie. Cela montre à quel point le désir d’une église crédible est important. L’enjeu est de relier ces deux mondes. Comment canaliser le pouvoir de la Bonne Nouvelle dans la structure institutionnelle ?

Quelles seront les conséquences ?

Au fond, le Synode risque bien des déceptions. S’il fermera à Rome en octobre 2023, il n’est pas certain que le Vatican réponde à toutes les demandes exprimées en Europe occidentale (notamment concernant l’accès des femmes au sacerdoce). Non seulement parce qu’ils ont peu de chances d’être partagés par tous les continents, mais aussi parce qu’ils soulèvent des enseignements et que “ce n’est pas à un synode mais à un concile de traiter ces questionss”, note Tommy Scholtès, porte-parole des évêques belges.

Pourtant, selon Stanislas Deprez, qui a présidé le synode dans le diocèse de Tournai, et le professeur de théologie Arnaud Join-Lambert, qui a réfléchi à la méthodologie utilisée à Rome, les communautés engagées dans cette dynamique de partage auraient aimé se lancer. Ils pourront le rendre permanent et voir tout ce qu’ils peuvent changer à leur niveau. De plus, la plupart des diocèses envisagent de donner suite à ce qui est soulevé et organiseront des événements autour du synode cet automne.

See also  40 ans plus tard, où en est l'enquête ?

Leave a Comment

x