Corn pourquoi nos euros sont-ils moches?

Vingt ans après la mise en circulation de la monnaie unique, un constat s’impose : les billets d’euros n’ont pas attin le statut de symbole dont jouissent les dollars. La faute à leur esthétique médiocre, fruit de compromis entre les États-membres, regrette Le papier.

Le premier à rendre honneur à l’Euro aux États-Unis a été Jay-Z. Au beau milieu du clip de Magie bleue, entre Bentley décapotables et références aux années 1980, surgit soudain une liasse de billets de 500 euros. Puis une valise pleine. Nous sommes alors à l’automne 2007 et à l’époque, la monnaie européenne n’était pas encore prise au sérieux, même si, depuis peu, sa valeur avait dépassé les cellules du dollar. Les clips alertaient l’Amérique et sonnaient la fin de la longue hégémonie du billet vert signalé jusque dans les Disney. “Jay-Z insulte le dollar” réclamer la presse.

Reste que, vingt ans plus tard, la monnaie américaine demeure un symbole esthétique. Et on ne peut pas dire la même chose de l’Européenne. Car malgré de récents relookings, les euros utilisés aujourd’hui par près de 350 millions de personnes restent insipides. Ils ont déposé une image stéréotypée – l’image déformée par les populistes, même – que l’on se fait des institutions européennes. Des immeubles pleins de bureaucrates, de beaux idéaux irréalisables, de froids diktats venus du nord de l’Europe qui osent interdire le fromage sarde avec des larves.

“Une forme préventive de ‘politiquement correct'”

La raison de cette image est simple : l’euro a été conçu pour ne mécontenter personne. Si l’on voulait tenir un langage contemporain, on pourrait dire que le processus de conception du billet a été soumis à une forme préventive de « politiquement correct ». À une lâcheté prophylactique, visant à ne pas ouvrir de petites fissures dans la solide Union. Car au moment où les 12 États membres ont abandonné leurs vieilles monnaies, la dernière a choisi que l’on voulait faire de rompre les délicats équilibres nationaux, pour apporter de l’eau au moulin des mouvements europhobes.

See also  Augustin Trapenard sur Brut Live : J'aime mon métier

Déjà en 1994, l’Institut monétaire européen, ici devenu la Banque centrale européenne en 1998, formait une équipe de 15 experts. Dans leur quasi-totalité, les s’agissaient de personnes nommées par les banques nationales, pour choisir quoi mettre sur les

[…]

Julien Silvano

Lire l’article d’origine

La source

Créé en 1996 par Giuliano Ferrara, ancien porte-parole du gouvernement Berlusconi, et animé par une équipe de conservateurs, Le papier se veut le quotidien de l’intelligentsia de la droite italienne. Le journal, pas le siège

[…]

Lire la suite

Leave a Comment

x