Condamnée pour avoir signé un faux certificat de mariage, une ex-élue plaide la “bonne foi”

La plus grosse erreur de ma vie“. L’ancienne maire socialiste de Pontault-Combault (Seine-et-Marne) Monique Delessard, condamnée par les jurys de Paris il y a quinze ans pour avoir signé un faux acte de mariage de son prédécesseur, qui était alors dans le coma, a plaidé vendredi 23la sincérité“.

Directement au barreau, l’ancienne élue de 73 ans fait face à trois juges et six jurés au terme d’un long procès qu’elle a déjà porté devant la justice à deux reprises. Carré blond, silhouette fine, Monique Delessard dit affronter ce nouveau procès devant les assises sur “profile bas“.”J’admets pleinement que j’ai fait une énorme erreur, probablement la plus grosse erreur de ma vie. En trente-huit ans de mandat, c’est le seul», souligne l’accusé, qui s’est retiré de la politique depuis juillet 2021.

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tromperie

Le 30 octobre 2007, alors première adjointe, en qualité d’officier de l’état civil elle paraphe un acte de mariage liant le maire de Pontault-Combault Jacques Heuclin (PS) à Armelle Reffait, sa concubine avec qui il était en Pacs depuis huit ans 13 ans fille. Selon le registre, Monique Delessard et deux “les témoins“Le directeur de cabinet de Jacques Heuclin et un autre adjoint sont”transporté‘ au domicile de l’adjoint au maire de Pontault-Combault, où le ‘Mari» se sont dits «Oui en effet“.

Pourtant, à l’heure et à la date de l’acte de mariage, le marié était hospitalisé à Paris, dans le coma, intubé, inapte au transport. En résumé, “incapable d’exprimer sa volonté‘ répète la présidente Charlotte Bilger. Jacques Heuclin mourra le lendemain. La supercherie a été découverte quelques mois plus tard. Trois filles du défunt maire, issues d’une précédente union, avaient porté plainte au civil pour faire annuler le mariage frauduleux, alertant les procureurs.

Après une enquête rapide, l’affaire a été renvoyée à l’établissement correctionnel. Monique Delessard, qui a pris ses fonctions de maire de Pontault-Combault en 2008, a été condamnée un an plus tard par le tribunal correctionnel de Melun à deux mois de prison avec sursis pour «faux“. Une douleur “acceptable“Pour l’ancien élu, qui était également vice-président du conseil de faculté à l’époque. Le parquet a fait appel de cette condamnation.

“Charger”

En 2010, la cour d’appel de Paris a condamné Monique Delessard à une peine plus sévère, à savoir quinze mois de prison avec sursis et trois ans de privation de ses droits civils et familiaux, ce qui impliquait son inéligibilité. L’élue avait fait appel et vu sa condamnation annulée par la Cour de cassation au motif que les faits reprochés constituaient un crime et non un délit et devaient donc être jugés par une assise.

Monique Delessard encourt désormais une peine de quinze ans de prison pour faux en écriture publique par personne chargée d’un contrat de service public. Impliquée dans cette ancienne affaire, elle affirme avoir signé le document.sans le lire“.”Il m’a été apporté en urgence par le directeur de cabinet de Jacques Heuclin, qui était son bras droit.», justifie la prévenue, qui affirme qu’elle n’a pas «Lire ce document“du mariage et de l’avoir”signé de bonne foi“, je pensais que c’était ça”dernière volontédu maire et que tout va bien.

“Je suis désolé”

Monique Delessardl’a fait de bonne foi car elle m’a toujours fait confiance», a assuré jeudi l’ancien directeur de cabinet de Jacques Heuclin, Serge Crippa, notant les fortes émotions alors que le maire se tenait au seuil de la mort. Serge Crippa a finalement été reconnu coupable de “faux“, comme les autres”témoindu mariage, l’ex-secrétaire de Jacques Heuclin, qui a imité sa signature, et Armelle Reffait.

Cité comme témoin dans le nouveau procès de Monique Delessard qui “veuves’appelait pâle. “Quelle que soit la décision du jury, je l’accepterai” raconte Monique Delessard. “Pendant quinze ans, j’ai porté ce fardeau et je regrette cet acte. C’est trente secondes sur trente-huit ans de mandats” martèle-t-elle. Le verdict est attendu en fin de journée.

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