Claude Guéant condamné à six mois de prison

Le parquet de Nanterre (Hauts-de-Seine) avait requis une peine de trois ans de prison avec trois ans de prison avec sursis. Et ce mardi, l’ancien ministre de l’Intérieur Claude Guéant a été condamné à dix-huit mois de prison, dont douze avec sursis, pour ses dépenses liées à la campagne électorale de 2012.

Pour la partie fixe de sa peine de six mois, le tribunal a ordonné un aménagement de peine et a demandé l’assignation à résidence sous surveillance électronique. Claude Guéant, qui était absent de la consultation, a également écopé d’une amende de 30 000 euros. Son avocat, Me Philippe Bouchez El Ghozi, a annoncé qu’il ferait appel.

Un remboursement de plus de 30 000 euros

“M. Guéant a le sentiment de ne pas avoir été entendu par la justice”, avait-il déclaré lors de son procès en octobre. “On ne connaît pas encore les mobiles” du verdict, “évidemment M. Guéant n’est pas d’accord avec cette condamnation”, a poursuivi son avocat, assurant qu'”il n’y a pas eu de fraude dans les comptes de campagne”.

Nicolas Sarkozy, aujourd’hui âgé de 77 ans, l’homme le plus important de la présidence, était alors candidat à la députation dans les Hauts-de-Seine. Le procureur de la République l’a accusé d’avoir sciemment réduit ses comptes de campagne et obtenu ainsi un remboursement de plus de 30 000 euros.

Une lettre aux électeurs

Claude Guéant a également été condamné à une interdiction professionnelle de cinq ans pour tous les métiers et l’artisanat. En outre, il a dû verser 30 529 euros “pour le remboursement injustifié de ses frais de campagne” au conseil juridique de l’Etat, partie civile, a réclamé le président.

Une lettre de quatre pages aux électeurs est au cœur de cette affaire. Dans cette lettre du 3 janvier 2012, Pierre-Christophe Baguet, maire UMP (devenu LR) de Boulogne-Billancourt et député sortant des Hauts-de-Seine, annonçait qu’il soutiendrait Claude Guéant comme successeur à l’Assemblée nationale. Il a joint la déclaration de candidature de ce dernier.

“Incompréhensible”

Les deux prévenus nient avoir tenté de faire financer cette lettre par la ville de Boulogne-Billancourt. Pierre-Christophe Baguet a été condamné mardi à huit mois de prison avec sursis simple et 3 750 euros d’amende.

“La condamnation et la sévérité du verdict sont incompréhensibles”, a déclaré son avocat Me Mario Stasi. “Nous envisageons de faire appel car il s’agit d’un cas sans détournement de fonds publics, sans gain personnel, sans préjudice pour la ville.”

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