Chasse aux faux avis sur internet : Les règles ont enfin été durcies

l’essentiel
Ils font partie de notre quotidien, les avis et autres vedettes qui permettent de juger de la qualité d’un restaurant, d’un garagiste ou de toute autre librairie. Cependant, nous ne savons pas toujours qui est derrière. Pour cette raison, la législation vient d’être renforcée.

L’histoire est tirée de la série miroir noir. Dans la saison 3, l’un des épisodes dépeint une société dystopique où tout le monde juge tout le monde. Chacun a un score de 0 à 5. Et derrière ce nombre se cache en fait un objectif : les personnes ayant les meilleurs scores peuvent accéder à certains services, incitant chacun à avoir la meilleure appréciation possible, entraînant une sorte de compétition malsaine.

Nous n’en sommes pas encore là. Et pourtant, les avis de consommateurs sur Internet influencent de plus en plus notre comportement de consommateur. Selon une étude Ifop réalisée pour Guest Suite en octobre 2021, 75% des Français consultent régulièrement les avis clients des entreprises pour se renseigner sur leurs services.

Dans ce cadre, une nouvelle directive européenne est entrée en vigueur le 28 mai en droit français. Il vise à augmenter les sanctions en cas de faux avis afin de renforcer la protection des consommateurs. Les entreprises doivent désormais vérifier que les avis publiés sur leur entreprise ne sont pas rédigés par des personnes ayant utilisé ou acheté le produit ou le service. Les pratiques commerciales trompeuses sont passibles d’une amende de 300 000 euros et d’une peine d’emprisonnement de deux ans.

35 % de non-conformité

Dans sa dernière étude de 2017, la Direction générale de la concurrence, de la protection des consommateurs et de la répression des fraudes (DGCCRF) a constaté que 35 % des avis clients en ligne étaient classés comme « non conformes », c’est-à-dire erronés. Et ce type d’infraction touche tous les domaines d’activité : ameublement, habillement, électroménager, gastronomie, etc. Certains professionnels tentent de redorer l’image de leur marque par des critiques élogieuses, même si elles sont faites de toutes pièces.

See also  (123films) Regarder 'Jujutsu Kaisen 0' Streaming en ligne gratuit À la maison - gacialisdtiyk.com

Mais il n’y a pas que les faux avis auxquels la DGCCRF prête une attention particulière, la direction remarque aussi d’autres pratiques douteuses, comme supprimer tout ou partie des avis clients négatifs pour en présenter des positifs. Un autre cas courant est celui où les gestionnaires d’avis, qui sont des entreprises qui traitent des commentaires laissés en ligne au nom d’autres entreprises, publient très rapidement des avis positifs et retardent la publication d’avis négatifs.

L’organisation s’emploie donc à démasquer ces faux avis et “toute pratique adoptée par un professionnel lui permettant de se faire passer pour un consommateur”. Pour ce faire, “les enquêteurs s’appuient notamment sur un dispositif de veille sur Internet et sur les signalements que les consommateurs et les commerçants peuvent être amenés à nous transmettre”. Mais “afin de maintenir les investigations en cours”, la DGCCRF ne souhaite pas communiquer plus en détail sur les techniques utilisées.

Valeur ajoutée

Au-delà des tournevis de la législation, Yannick Chatelain, maître de conférences à Grenoble Ecole de Management et spécialiste des nouvelles technologies, insiste sur le fait que les entreprises qui s’attaquent à la question de front peuvent apporter une réelle valeur ajoutée. « Aujourd’hui, il y a des prestataires qui travaillent à certifier des avis parce que ça donne une image de confiance des consommateurs pour une entreprise et c’est un avantage concurrentiel non négligeable », observe-t-il.

Leave a Comment

x