Canicule : Quand la chaleur affecte notre santé mentale

Il fait à nouveau chaud à l’approche de la mi-août. Une chaleur qui teste les nerfs, d’autant plus que les canicules se répètent cet été.

© Image Belga

Vous êtes irritable, nerveux ou plutôt anxieux ? Cela pourrait être dû aux températures élevées que nous connaissons actuellement (encore). Avec des températures toujours dans les 30 degrés ce samedi et qui devraient être de 35 degrés dimanche, notre santé mentale sera mise à l’épreuve.

Tout d’abord, d’un point de vue physiologique, cette chaleur sollicite notre corps. “QQuand il fait chaud, notre fréquence cardiaque augmente, notre pouls est plus fort, notre tension artérielle augmente et nos niveaux de cortisol (l’hormone du stress) augmentent également, nous avons donc tendance à nous sentir plus irritablesElodie Gratreau, étudiante diplômée en histoire et philosophie des techniques de soins en santé mentale au laboratoire Costech, s’explique au Huffington Post. Un comportement “agressif” peut également être l’un des premiers signes d’apparition soudaine, car une étude de l’Université de Berkley a montré, en 2013, qu’une petite augmentation de 1 degré par rapport à la normale saisonnière entraînait une augmentation de 4% du taux d’agression personnelle. violence, comme la violence domestique, le meurtre ou le viol. On l’observe dans certains troubles cognitifs associés aux fortes chaleurs, comme la confusion mentale et la décompensation des troubles psychiatriques (schizophrénie, tentatives de suicide). Les données montrent une aggravation des troubles du comportement et des passages à l’acte» ajoute Antoine Pelissolo, chef de l’unité de psychiatrie du CHU Henri Mondor à Créteil, France, à nos confrères du Temps.

Or, selon Elodie Gratreau, les réponses physiologiques à la chaleur sont différentes”d’un individu à l’autre” et il “il manque encore des études approfondies sur ce sujet“.

Sommeil de moindre qualité

En plus de ces réactions directes à la chaleur, le corps et l’esprit souffrent également des effets d’un mauvais sommeil, plus difficile à trouver lorsque les températures nocturnes sont trop élevées. Une étude danoise menée sur plus de 47 000 personnes en mai dernier a montré que lorsque les températures nocturnes dépassaient 30 degrés, on perdait environ 14 minutes de sommeil par nuit, soit 44 heures par an. À la fin du siècle, cette perte de sommeil causée par les températures les plus élevées pourrait atteindre jusqu’à 58 heures par an. “De plus, il existe toute une série de facteurs qui ont conduit à moins dormir pendant 50 ans et augmentent le risque de maladie du sommeil.‘ poursuit Sandra Van Den Broecke, pneumologue et somnologue au micro de la RTS. Cette privation de sommeil va avoir des effets psychologiques importants : nous maîtrisons mal nos émotions, nous avons du mal à prendre du recul», explique Jérome Vermeilen, responsable du site LePsychologue.be, à nos confrères du futur.

Cette chaleur est aussi psychologiquement lourde car elle touche des publics plus faibles comme B. personnes âgées isolées. “Ils se retrouvent dans la solitude et l’inconfort physique, la dépression et la peur de la mort se manifestant‘ explique Joseph Agostini, un psychologue clinicien interrogé par le Huffington Post.

peur écologique

La canicule a également tendance à susciter – ou à augmenter – les craintes environnementales chez certaines personnes. “Cette année, la canicule fait clairement planer le spectre de la catastrophe climatique“, déclarait Joseph Agostini en juin dernier. “Entre inondations, catastrophes naturelles à répétition et pandémies mondiales, la vision de la canicule de 2003 a basculé, l’événement n’est plus rare, aujourd’hui il est récurrent” poursuit le psychologue. D’autant plus que les canicules se sont multipliées en Europe cet été.

Il y a quelques années, les effets d’un été chaud n’auraient pas été aussi graves‘ acquiesce Olivier Luminet, professeur de psychologie à l’UCLouvain, dans les colonnes d’Avenir. Selon le spécialiste, c’est surtout l’accumulation d’événements – guerre en Ukraine, deux ans de pandémie – qui fait flamber cette peur. . “Notre sécurité est toujours en danger. Les gens se sentent de moins en moins en sécurité“.

En 2019 déjà, Harriet Ingle, chercheuse en psychologie climatique au Glasgow Caledonian University Climate Justice Centre, alertait au micro de France 24 sur l’impact des vagues de chaleur sur la santé mentale. “Les effets psychologiques de la chaleur intense sont des bombes à retardement pour la santé si on n’y regarde pas de plus près très vite.”

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