Borne, Braun-Pivet, Panot… L’heure est aux femmes dans la congrégation

POLITIQUE – “Je déclare ouverte la session extraordinaire.” La photo est inédite. Yaël Braun-Pivet en pole, Elisabeth Borne sur le podium. Jamais dans l’histoire deux femmes n’ont occupé ces deux postes clés de la république en même temps. Ce mercredi 6 juillet, à trois heures moins cinq, la salle plénière de l’Assemblée nationale est comble.

A gauche, Alexis Corbière et Aymeric Caron discutent. Plus au milieu, Valérie Rabault et Boris Vallaud côte à côte. A droite Marc Le Fur, Annie Genevard et non loin Éric Ciotti. Plus à droite se trouvent les 89 élus RN, habillés presque à l’identique. Costume-cravate pour les hommes, vestes blanches pour les femmes. Sauf pour Marine Le Pen, la présidente du groupe. Dans sa veste noire, elle commente son discours avec concentration.

Cinq femmes se succèdent

Il en va de même pour Mathilde Panot, présidente du groupe LFI, qui consulte ses dossiers. Après le discours d’Elisabeth Borne, Aurore Bergé, présidente du groupe LREM, a pris la parole. Le Pen et Panot suivent. Si l’on compte Yaël Braun-Pivet, ce sont cinq femmes qui se succèdent dans les prises de parole pendant plus de deux heures du temps prévu – elles n’utiliseront pas tout. jamais vu “C’est presque la parité à l’envers”, sourit sans hostilité un MoDem en ligne.

Les temps dans la congrégation ont changé. Il n’y a pas si longtemps, les femmes étaient huées, huées, agressées verbalement, raillées sur leurs vêtements ou leur voix dans l’hémicycle comme dans la rue. Pas de dérapage cette fois. “Heureusement qu’en 2022 nous serons tous pareils”, souffle Sandrine Rousseau, l’élue écologiste de Paris, très vigilante sur ces questions.

On avance, on avance !Sandrine Rousseau, représentante EELV pour Paris

Elle est l’une des rares membres des Nupes à se lever pour applaudir Edith Cresson, citée dans son discours par Elisabeth Borne, son unique prédécesseur. “Je ne sais pas ce qui se passait dans la tête de mes camarades, mais je me suis levée tout de suite”, a déclaré l’écoféministe à la sortie de la salle des plénières. “On a reproché à Édith Cresson d’être trop ‘stridente’ jusqu’à ce qu’on se rende compte que les micros étaient réglés pour les hommes”, aime-t-elle à dire. Et arrive à la conclusion : “On avance, on avance.”

Les socialistes étaient partagés entre ceux qui applaudissaient leur ancien premier ministre, comme le jeune Calvados qui avait élu Arthur Delaporte, et ceux qui restaient de marbre. Une attitude respectueuse domine de la part de LR, dans des rangs qui se sont illustrés par leur sexisme ces dernières années. Le rajeunissement du groupe et l’époque jouent à plein.

“Je serai une combattante pour l’égalité des droits entre hommes et femmes”, promet Elisabeth Borne, qui nomme “l’égalité économique” une priorité. A la tribune, elle s’est émue de se souvenir des premières femmes parlementaires et de Simone Veil, “dont la force et le courage m’inspirent à ce pupitre”. Gros applaudissements, notamment de LR et Eric Ciotti.

huées en bas

Les attaques contre Borne, nombreuses dans une salle plénière qu’elle n’occupe pas, n’ont fait qu’effleurer le fond de la politique qu’elle entend mener. Des huées sur les bancs à droite ? Le Premier ministre vient de parler de la dette nationale qui doit être “réduite en 2026”. “Cela devait être fait en amont”, suggère un député.

Les bureaux ont frappé les côtés rebelles ? Ils scandent “hypocrites” et refusent de consulter à nouveau les infirmières, exigeant “l’action”. “On vote, on vote”, l’insoumis réclame en fin de discours – en vain – un vote de confiance.

“Je n’ai pas le complexe providentiel de la femme, ma carrière n’avait qu’un fil conducteur : servir”, explique Elisabeth Borne, qui se remémore sa vita de préfète, femme d’affaires et directrice de cabinet. Elle cite ses prédécesseurs directs, Édouard Philippe et Jean Castex, puis cite Michel Rocard : “Ne perdons pas notre volonté obstinée d’intégration.” Lui aussi n’avait pas la majorité absolue.

La lutte continuera jusqu’à ce que l’égalité ne soit plus en cause.Élisabeth Borne, Premier ministre

« Dans cette assemblée, présidée pour la première fois par une femme, je crois au pouvoir de l’exemple et la lutte continuera jusqu’à ce que l’égalité ne pose plus de questions », a conclu le Premier ministre, parfois surpris par les applaudissements de sa – laconique – Majorité. , debout régulièrement.

« Le temps des femmes est venu, et il est historique. Le temps des femmes est venu et ça va continuer », confie Aurore Bergé, qui la suit sur le podium. Dès le début de son discours, la cheffe de file de la faction majoritaire a salué “l’œil bienveillant du premier président de l’Assemblée nationale” et les “deux femmes qui vont me succéder”. “Quel symbole vu les blagues qu’on a subies !”

Quel symbole face au mépris subi !Aurore Bergé, présidente du groupe LREM à l’Assemblée nationale

Un peu plus loin, dans les jardins de l’Assemblée nationale, le groupe communiste prend une photo de groupe. Elsa Faucillon fait la moue. “Est-ce faux?” Il n’y aura que deux femmes sur la photo, sur les douze élus du parti de Fabien Roussel. Ce dernier arrive, il le sait, mais ne veut pas s’attarder, tout comme le président du groupe, André Chassaigne. “Nous en reparlerons une autre fois.”

Sur un banc, les jeunes insoumis Louis Boyard et Antoine Léaument se félicitent qu’il y ait des femmes sur le podium. “C’est très bien. Mais n’oublions pas que dans les postes clés du gouvernement, ce sont surtout des hommes. Et que si Christophe Castaner avait été élu, il serait chef de groupe.”

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