Avec l’inflation, est-il temps de faire de bonnes affaires ?

C’est une tradition, voire un rendez-vous pour certains, comme chaque année. Mais la réponse française sera-t-elle seulement présente ? Les soldes d’été commencent ce mercredi 22 juin et les rabais seront affichés pendant quatre semaines jusqu’au 19 juillet. Mais est-ce l’année ou jamais, entre inflation et baisse de la consommation, pour profiter de cette période de bonnes affaires ?

J’espère que les concessionnaires feront un petit geste supplémentaire et fixeront une bonne remise dès le départ et ne traîneront pas sur une deuxième remise», plaide Nathalie en explorant les vitrines des nouvelles boutiques de la gare Montparnasse à Paris. Une idée également partagée par Florence : « -20 % pour moi, ce ne sont pas des soldes. J’aime bien les -40 % !“.

Océane, elle, tranche : le pourcentage n’y changera rien. Ces achats cette année seront ciblés. “Pour les enfants qui grandissent vite et surtout les chaussures qui coûtent assez cher, j’attends quelque chose. Je suis plus prudent maintenant et j’ai une stratégie pour mieux dépenser», assure la mère de famille. Gilles, lui, assume : montée ou pas, ça fera un an sans shopping : «La vente est secondaire pour le moment. Chaque jour, nous sommes occupés à traiter les questions les plus urgentes : l’inflation, c’est savoir ce qui se passera dans deux mois. On part deux semaines cet été ou une seule ? Donc moins de shopping et plus d’essentiels.

Face à ces demandes très spécifiques, les commerçants vont-ils réagir par des baisses de prix ? Sans doute, mais forcé et contraint, assure Pierre Talamon, nouveau président de la fédération de l’habillement, qui représente environ 30 000 magasins à travers la France. S’ils le pouvaient, les indépendants n’iraient pas au-delà d’une baisse de prix de 20 % : “Je pense que beaucoup de commerçants seront obligés de vendre massivement, mais cela varie beaucoup selon les régions. Les centres-villes, par exemple, sont dans des situations beaucoup plus compliquées que la périphérie ou certains secteurs de la province. Il peut y avoir de plus grosses ventes à Paris. C’est devenu du sur-mesure.

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Le minimum est de déclarer ou non un prix barré, selon l’expert Rémi Le Druillenec, auteur d’un ouvrage intitulé Le commerce est-il mort ? : « Peut-être plus que les autres cette année, nous voulons être efficaces pour pouvoir faire une bonne affaire dès le début des soldes et en même temps rester justes. Nous devons comprendre aux clients qu’il y a certains produits qui sont locaux, faits à la main, fabriqués en France où nous avons un espace de négociation limité… Nous devons nous parler. Que ce dialogue entre revendeurs et consommateurs ait lieu !”, il demande. Un avis partagé sur franceinfo par Yohann Petiot, directeur général de l’Alliance du Commerce, qui regroupe les grands magasins et les marques de mode : “Les commerçants doivent essayer d’offrir à leurs clients un prix juste et d’autre part ils doivent essayer de garder leur marge, leur rentabilité, quand les coûts de production et de transport augmentent et qu’ils doivent rembourser leur prêt garanti par l’État.

Silence, chaque année il y a une constante : cette année aussi, il y a eu une polémique sur la date de début des ventes. Ce 22 juin est bien trop tôt, selon des commerçants indépendants qui viennent d’adresser un courrier pour exprimer leur colère au ministre de l’économie.

Entreprise.

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