Attal dénonce un “système délirant” à la mairie, Hidalgo porte plainte pour diffamation

INFOS BFM PARIS ILE-DE-FRANCE. La ville de Paris a annoncé mercredi son intention de porter plainte à la mairie pour un stratagème “issu de Ponzi”, selon le ministre des Finances publiques Gabriel Attal.

Les tensions entre Gabriel Attal et Anne Hidalgo montent. Ce mercredi matin, invité du matin de France Interle ministre des Finances publiques, a pointé un « système délirant » instauré dans la commune « en 2015 » lorsque François Hollande était président de la République.

En réponse, le maire de Paris a annoncé mercredi quelques heures plus tard qu’il comptait porter plainte contre le ministre des Finances, a appris BFM Paris Île-de-France.

“La Ville de Paris va poursuivre le ministre en diffamation pour les propos outranciers qu’il a tenus ce matin mettant en cause la probité de la ville, de ses élus et de ses agents”, a écrit Anne Hidalgo dans un communiqué publié sur Twitter.

Le Maire appelle également le Premier Ministre à « stopper la diffusion de cette fake news, qui a été sciemment exprimée afin que le débat public retrouve son calme et sa crédibilité ».

Le principe des rentes capitalisées

“Quand je suis arrivé au ministère des budgets, j’ai trouvé qu’il y avait un système […] dits ‘loyers capitalisés’, qui ont été fixés de manière dépréciative”, a déclaré Gabriel Attal ce mercredi matin.

Selon le ministre, ce principe permet depuis plusieurs années à la ville de Paris d’anticiper le logement puis de demander aux bailleurs de le transformer en logement social. “Puis, en contrepartie, exiger de ces bailleurs sociaux qu’ils versent à la ville des loyers pendant des décennies pour que la ville puisse équilibrer son budget de fonctionnement”, a poursuivi le ministre.

“Il faut être conscient de ce système”, s’insurge Gabriel Attal, qui précise avoir mis fin à cette dérogation alors que la capitale était la seule ville de France à bénéficier d’un tel système.

Un “schéma de Ponzi”

“Moi, j’arrête ce système parce que ce n’est pas sain. La réalité, c’est que maintenant plus d’un milliard d’euros de dette supplémentaire pour la ville de Paris est lié à ce système. Honnêtement, c’est un Ponzi”, déclare-t-il ministre des Finances. par rapport au principe de la pyramide de Ponzi.

Interrogé à ce sujet, Gabriel Attal a précisé qu’il ne ferait aucune comparaison entre Bernard Madoff, arrêté en 2008 pour une importante escroquerie boursière, et la maire de Paris, Anne Hidalgo.

“Assimiler une inscription budgétaire votée depuis des années par les ministres du budget successifs et les services de Bercy à un montage financier illégal est extrêmement grave et totalement irresponsable”, a réagi quelques heures plus tard Rémi Féraud sur son compte Twitter.

La présidente du groupe Paris-en-commun au Conseil de Paris a ajouté que “cela ne peut aller sans suite” et a réitéré l’annonce d’Anne Hidalgo qu’elle entendait porter plainte contre la ministre.

Un “gros mensonge”

De son côté, la Mairie de Paris a souhaité réagir à la comparaison avec le “Schéma de Ponzi”.

“Bien que le ministre soit parfaitement informé sur ces éléments, il assimile ce dispositif à la ‘Ponzi scheme’, c’est-à-dire à un système frauduleux pratiqué par des banquiers d’affaires qui tombent sous le coup de l’arnaque”, écrit Anne Hidalgo sur Twitter. C’est évidemment un mensonge extrêmement grave qui remet en cause la probité et l’image de la ville, de ses élus et de ses fonctionnaires.

Le ministre a également réitéré qu’il n’avait pas « compris » la décision du maire d’augmenter les taxes foncières, annulant ainsi sa promesse de campagne. « Il y a un enjeu de réforme à la ville de Paris », a déclaré Gabriel Attal, rappelant que le gouvernement avait « massivement soutenu les collectivités locales » face à l’inflation.

Anne Hidalgo a justifié l’augmentation de la taxe foncière en interpellant l’Etat en raison du manque de subventions pour la ville de Paris. Cette déclaration avait provoqué la colère de Gabriel Attal, qui affirmait que “l’Etat a bon dos” et dénonçait le fait qu’il y avait “plus de fonctionnaires à la ville de Paris qu’à la Commission européenne”.

Nicolas Dumas, Amaury Tremblay et Solenne Bertrand

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