Abolition de la tauromachie : Aymeric Caron réécrit son projet de loi pour y inclure les combats de coqs et exclure le bétail

A deux jours des débats sur la tauromachie dans l’hémicycle, un amendement déposé par La France Insoumise modifie sensiblement le texte présenté en commission des affaires juridiques la semaine dernière. Selon l’entourage d’un eurodéputé, cela signifie aussi que les amendements des opposants aux fins d'”obstruction” sont rejetés.

A deux jours des débats en plénière, le député LFI apparenté Aymeric Caron a sensiblement modifié son projet de loi pour abolir la tauromachie. Il a notamment déposé un amendement proposant une nouvelle rédaction de l’article unique “préciser son champ d’application”.

« Graves mutilations »

Cependant, selon nos informations du groupe Insoumis, ce texte introduit deux changements importants dans la perspective des débats. D’abord, pour abolir la tauromachie, on ajoute les combats de coqs, une coutume interdite en France sauf dans certaines régions comme le Nord, le Pas-de-Calais ou les Antilles.

« Les gallinacées sont des créatures douées de sensibilité (…) Cette pratique provoque de graves mutilations. Étant donné que le projet de loi prévoit déjà la tauromachie, l’amendement vise à mettre fin à cette exception injustifiée afin qu’il y ait une tolérance zéro en matière de punition pour le Code de cruauté envers les animaux », c’est indiqué dans cet amendement.

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Les adversaires d’Aymeric Caron avaient fait de l’absence de combats de coqs dans son projet de loi un argument, estimant qu’il l’avait sciemment ignoré afin de rallier les suffrages des députés du Nord ou des Dom-Tom.

Bouvine, Encierro, Abrivado…

Autre changement important, notamment pour le sud de la France, la refonte du projet de loi qui protège la race camarguaise comme les autres traditions taurines “N’impliquant pas d’abus graves ou de cruauté envers les flics”. C’est-à-dire, outre la bouvine, l’encierro et l’abrivado, une tradition qui anime les fêtes de village, notamment dans le Gard et l’Hérault, mais aussi la course landaise. “Ces territoires sont riches d’une authentique culture taurine autour de laquelle s’est greffée la tauromachie espagnole”, préciser le texte.

La semaine dernière, le député héraultais LFI Sébastien Rome, lié à son collègue du Gard Michel Sala, avait émis le souhait de déposer un amendement pour protéger précisément la race camarguaise dans le projet de loi proposé par leur collègue Aymeric Caron. “Maintenant c’est réglé”dit Sébastien Rome, qui votera sans broncher l’interdiction de la tauromachie.

“L’idéologie du mangeur de graines”

Cette réécriture du projet de loi par son rapporteur pour avis a également pour effet d’abroger plusieurs amendements, “puisque celles-ci avaient été déposées sur la base du texte original d’Aymeric Caron”, nous apprécions au sein du groupe Insoumis. C’est aussi une tactique qui joue avec les règles. En effet, les opposants avaient déposé 566 amendements, la plupart visant à prolonger les débats de jeudi soir jusqu’à minuit, empêchant ainsi le vote.

“Modifications du handicap”, confirme l’Insoumis, citant en exemple celle du député RN du Gard Yoann Gillet, qui proposait de réécrire la loi : “imposer l’idéologie des granivores aux habitants du sud de la France”. Ou celle de l’élu Hérault-Renaissance Patrick Vignal, qui proposait de réécrire le texte : “Abolir la tauromachie : un petit pas pour l’animal, un pas de géant pour le moustique”.

Cependant, près de 400 amendements restent à examiner lors des débats. Qui, en tauromachie, obtiendra la 4ème place à la Journée Parlementaire de Niche La France Insoumise. Il est donc possible que d’ici la fin de jeudi soir on parle de corrida… et de combat de coqs. Avec ou sans mise à mort pour la tauromachie ?

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