8ème vague Covid : plus d’un million de tests en une semaine !

Dans la pharmacie, deux clients parlent de leur nez. Covid ou simple rhume ? Dans quelques minutes, le nombre de barres sur le test fera son jugement. La projection à domicile n’en a montré qu’une pour l’instant, mais Guillaume, 36 ans, et Margot, 29 ans, deux collègues fébriles, ont des doutes. Dans l’agence de mode où elles travaillent, certaines places sont vides, plusieurs ont dû quitter le bureau après avoir été contaminées. “On fait désormais une trentaine de tests par jour contre cinq en août, leur nombre augmente sensiblement, mais il y a aussi beaucoup de rhumes et d’angines de poitrine”, décrit la pharmacienne Muriel Zylbersztejn, rue Montorgueil, dans le 2e arrondissement de Paris. Il faut dire que la chute de température est déroutante.

Ce jeudi 22 septembre, en milieu de matinée, deux prélèvements sur quinze étaient positifs. Est-ce que Guillaume et Margot vont augmenter la stat du jour ? Personne ne porte de masque dans la pharmacie. Elle non plus. “C’est vrai… On aurait dû faire ça”, regrette le premier, même s’il n’a pas oublié de se boucher le nez lors d’un récent rendez-vous avec une femme enceinte. Depuis la fin de l’obligation de porter le 16 mai, l’accessoire a quitté les sacs à main. “On a perdu l’habitude”, confirme Margot.

Le pharmacien l’a remarqué aussi. « Personne de moins de 50 ans n’en porte, alors que les personnes plus âgées, plus responsables, en portent lorsqu’elles sont malades. Si le masque continue à être vendu, cela ne s’appliquera plus aux flacons de gel hydroalcoolique au comptoir. “Ça va revenir”, prédit le pharmacien. Les autotests se vendent comme des petits pains, une quarantaine par jour. Les deux collègues sortent. Verdict? Négatif. À la semaine de la mode la semaine prochaine.

“Une augmentation des cas, notamment chez les plus jeunes”

Dans le magazine Complément d’Enquête diffusé ce jeudi soir, le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, a confirmé le début d’une huitième vague. « Il y a objectivement une augmentation des cas, notamment chez les jeunes. Avec plus de 30 000 cas en moyenne par jour, soit une augmentation d’environ 40 % en une semaine, l’épidémie est en hausse. Selon le ministère de la recherche, des études, de l’évaluation et de la statistique (DREES), entre le 12 et le 18 septembre, plus de 1,1 million de tests PCR et antigènes ont été réalisés en France, contre 854 000 la semaine précédente, soit +33% d’augmentation.

Et à Paris et en Guadeloupe, nous produisons la plupart des antigènes. À l’échelle nationale, le taux de positivité est désormais de 20%. « Ce n’est pas rien ! s’exclame Lionel Barrand, président de l’Association nationale des biologistes médicaux. On parle de vague lorsqu’une file d’attente se forme devant le laboratoire. Ce n’est pas encore le cas, mais pour la première fois depuis l’été, le nombre de cas augmente et tout indique que la courbe n’est pas sur le point de s’inverser. »

Ce boom du BA.5, sous-variante d’Omicron, favorisé par la rentrée scolaire et la mixité démographique, est particulièrement important pour les moins de 16 ans. “En fait, ce sont surtout des jeunes qui viennent se faire dépister, mais leurs parents commencent aussi à être touchés”, explique Philippe Besset, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France. Dans sa pharmacie de Limoux dans l’Aude, les enfants passent notamment le test du coton-tige.

Près de 30 % des plus de 60 ans ont suivi leur deuxième cours de remise à niveau

«Nous avons également testé les enseignants de maternelle, tous étaient positifs. « Avec cette poussée, les Français vont-ils se faire vacciner ? Malgré les incitations estivales, un peu moins de 30 % des plus de 60 ans ont reçu leur deuxième injection de rappel. Peut-être que l’arrivée de nouveaux vaccins cet automne, adaptés aux petits frères d’Omicron et recommandés par la Haute Autorité de Santé, suscitera plus d’enthousiasme.

Ne mettez pas tout sur la seringue, prévient l’épidémiologiste Dominique Costagliola. « Nous avons des outils efficaces pour éviter l’infection, comme le masque. « Mais ici, il est largement tombé des visages. “Seule une personne sur cent en porte dans mon laboratoire”, regrette François Blanchecotte, président du Syndicat des biologistes. L’épidémiologiste prévient : « Il faut le repositionner dans tous les lieux clos où le niveau de ventilation n’est pas maîtrisé. »

Autre rempart efficace, l’ouverture régulière des fenêtres des appartements. « On parle aussi depuis des mois d’investissements massifs dans des capteurs de CO2 dans les écoles. Qu’est-il arrivé à ces promesses ? s’indigne Dominique Costagliola. Le scientifique rappelle que chaque vague entraîne 10 000 morts, sans compter les longs covids. “Vivre avec le virus, ce n’est pas l’ignorer, prévient-elle, c’est prendre des mesures préventives sans coercition. Grâce à eux, vous évitez les infections, les hospitalisations et les décès. »

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