48 personnes soupçonnées d’être des incendiaires ou des incendiaires ont été interpellées en France cet été

Feu de forêt à Saumos dans le sud-ouest le 14 septembre 2022.

Selon un bilan préliminaire de la gendarmerie dévoilé vendredi 23 septembre, 48 personnes ont été interpellées cet été, marqué par un record de zones incendiées, notamment dans le sud-ouest. Douze d’entre eux ont déjà été condamnés.

La peine la plus lourde (deux ans de prison) a été prononcée contre un jeune homme arrêté en août et reconnu coupable d’une série d’incendies en Gironde. Certains des accusés, mineurs, ont bénéficié de mesures de réparation, comme ces deux adolescents dont les pétards ont déclenché un incendie qui a brûlé 5 hectares dans le Morbihan début août.

Fin juillet, un homme de 44 ans a été inculpé après avoir avoué avoir déclenché de multiples incendies qui ont ravagé 1.200 hectares en Ardèche. Un ancien pompier volontaire de 33 ans est jugé fin septembre à Béziers pour deux incendies dans l’Hérault. Ces deux hommes et “plus d’une douzaine” d’autres ont été placés en garde à vue dans l’attente de l’enquête, selon la gendarmerie.

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“On a des profils très différents, des jeunes, des mineurs, des retraités, toutes les classes sociales sont représentées, majoritairement des hommes”, explique à l’Agence France-Presse le lieutenant-colonel Marie-Laure Pezant, porte-parole de la gendarmerie nationale. Certains ont “un profil psychologique plus faible, parfois des troubles mentaux”Elle ajoute.

Les expertises médicales à réaliser dans le cadre de l’enquête doivent permettre de distinguer les incendiaires qui mettent le feu pour satisfaire une pulsion et les incendiaires dont l’acte est fondé sur un mobile précis.

30 % d’incendie criminel

Toute source d’incendie, à 90 % d’origine humaine et à 30 % volontaire, fait l’objet d’une enquête judiciaire, selon l’Office national des forêts (ONF). Du fait de sa situation rurale, la Gendarmerie a reçu la grande majorité des dossiers (43) sur les feux de forêts. “En plein été, le 13 août, on avait jusqu’à 500 gendarmes sur 18 feux”“, explique Mmoi pezant.

La gendarmerie, outre les sapeurs-pompiers et les agents de l’ONF, a notamment mobilisé ses techniciens en identification criminelle au sein des Unités de Recherche sur les Causes et Circonstances de l’Incendie (RCCI). Ces enquêteurs pratiquent “La technique de l’escargot”Image de l’enceinte, d’où l’on pense que l’incendie s’est déclaré, à une cartographie 3D de la zone brûlée créée par des drones et des hélicoptères.

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“Le feu n’efface pas tout, on retrouve toujours des traces, de l’ADN ou des objets qui permettent de remonter jusqu’à l’auteur”comme une bouteille cassée ou un briquet, insiste Mmoi pezant. Fin juillet, l’analyse d’un mégot de cigarette près d’Orange (Vaucluse) a permis d’identifier une personne qui sera bientôt condamnée.

Lorsque la technologie fait défaut, l’intelligence humaine peut faire la différence. “S’il y a un incendie, nous avons des gens qui surveillent et l’information nous revient très rapidement.”insiste le lieutenant-colonel.

Ainsi, les gendarmes ont pu remonter rapidement la trace d’un jeune homme suspecté d’être à l’origine de deux incendies en juillet dans les Pyrénées-Orientales, grâce à des témoins qui se sont rendus compte que sa voiture avait quitté les lieux avant le départ des flammes.

La plus grande zone brûlée depuis 2006

En août, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a annoncé son intention d’ouvrir des enquêtes judiciaires, notamment dans les affaires d’incendie criminel “3 000 commissariats verts”sans préciser s’il s’agissait de création d’emplois ou de transferts après formation.

Au 17 septembre, plus de 65 000 hectares de forêt avaient brûlé en France, dont 50 000 depuis le début de l’été, la plus grande superficie brûlée à cette période de l’année depuis le début des données satellitaires en 2006, selon l’European Forest Fire Information. Système (Effis).

La Gironde, qui abrite une partie de la plus grande forêt de conifères d’Europe, a été particulièrement touchée puisque 30 000 hectares sont partis en fumée, dont plus de 21 000 hectares sur le seul secteur de Landiras.

déchiffrement : Incendies : En France, sept fois plus de surface brûlée qu’en année normale, en Europe trois fois plus

Le monde avec l’AFP

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